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Prêts high yield : comment JP Morgan fait-elle son beurre ?

Si la banque US domine de beaucoup ce juteux marché, c’est en grande partie à cause des fees qu’elle facture. De façon paradoxale, ces surcharges lui permettent de faire la loi. 
JP Morgan - logo
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Faire payer peut parfois aider à évincer la concurrence. C’est en tout cas ce qu’il ressort de l’analyse du succès de JP Morgan dans le marché des « junk loans », c’est-à-dire des prêts high yield. Car la banque américaine facture des honoraires à ses clients lorsque les prêts qu’elle a créé (« originate ») sont échangés avec une autre institution. Alors même que les établissements concurrents ne facturent pas ce type de services, JP Morgan continue de dominer ce secteur estimé à 1 100 milliards de dollars. Un paradoxe ?

Pas vraiment. Historiquement JP Morgan demandait 3 500 dollars pour échanger les prêts non investment grade qu’elle vendait, rapporte Bloomberg. Et c’est cette surcharge, qui perdure désormais sous une forme plus souple, qui a permis à la banque d’évincer la concurrence. Celle-ci « peut imposer ses conditions grâce à sa taille », écrit l’agence.  

D’un côté, les coûts des honoraires de JP Morgan ne donnent pas envie aux autres banques d’échanger des prêts que JP Morgan a aidé à mettre en place car cela leur revient trop cher. Mais les rivaux craignent que JP Morgan, qui « origine » plus de prêts corporate que quiconque, ne leur permette plus d’acheter de nouveaux deals qu’elle mettrait sur le marché, s’ils venaient à ne plus jouer son jeu. D’autre part, plutôt que de passer outre le géant, les investisseurs préfèrent entièrement faire affaire avec JP Morgan.

L’établissement l’a bien compris et profite de l’expansion de la dette corporate, devenue très populaire auprès des investisseurs, les rendements des titres souverains ne permettant plus de faire recette. L’an dernier, la banque de Jamie Dimon a été le plus gros souscripteur d’obligations corporate, avec une part de marché de 6,8% sur les 3 270 milliards de dollars émis, rapporte Bloomberg. Au regard du bilan de JP Morgan (2 400 milliards de dollars), 3 500 dollars font figure de goutte d’eau. Mais, par exemple, si une société d’investissement achète pour 2 millions de dollars d’un prêt administré par JP Morgan et le redistribue à quatre de ses fonds sans passer par ladite banque, cela va lui revenir à 14 000 dollars. 

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