Macro-économie / Taux / Dette obligataire
Macro-économie / Taux
Dette obligataire
Les corporates étrangers n'ont jamais autant émis aux Etats-Unis
Les émissions de dette par les entreprises non américaines outre-Altlantique ont atteint un nouveau point haut à 334,7 milliards de dollars depuis le début de l’année, en hausse de 5% par rapport à la même période l’an dernier. Une augmentation qui traduit le regain de confiance des entreprises qui, après six années de crise passées à rationaliser leurs structures et optimiser leurs coûts pour se désendetter, sont de nouveau prêtes à investir pour financer leur développement.
Autre bonne nouvelle, d’après les statistiques compilées par Dealogic, 179,3 milliards d’émissions, soit 54% de la dette émise par les entreprises étrangères, concernent des obligations investment grade. Il s’agit du plus haut niveau jamais enregistré sur le premier tiers d’une année. Un chiffre qui illustre l’optimisme mesuré des investisseurs, qui croient au retour de la croissance mais restent prudent dans un contexte international dégradé en raison notamment de la réduction du QE outre Atlantique, du ralentissement chinois et des tensions géopolitiques en Ukraine et en Syrie. Deux conflits qui pourraient avoir des conséquences directes sur les prix du gaz et du pétrole et donc sur la croissance mondiale.
A noter également la progression des émissions par des entreprises et organismes étrangers, qui représentent désormais 37% (contre 30% l’an dernier) du marché de la dette aux Etats-Unis. Au premier rang, on retrouve les corporates tricolores qui ont émis 44 milliards de dollars depuis le 1er janvier, soit 4,83% des émissions réalisées. Un dynamisme dû à l’émission obligataire high yield de 10,9 milliards de dollars réalisée par Numericable le 23 avril dernier suite au rachat de SFR. Il s’agit de la plus grosse émission high yield jamais réalisée. Altice, maison mère de Numericable, a également contribué à ce dynamisme via une émission de dette de 5,76 milliards de dollars.
Parmi les autres émetteurs français ayant émis de la dette libellée en dollars, on retrouve un autre représentant des télécoms, Orange, qui a émis pour 1,6 milliard de dollars de Yankee bonds. Par ailleurs, on retrouve des mastodontes de l'énergie, EDF et Total, qui ont émis pour 4 et 2,5 milliards de dollars respectivement. Enfin, les bancaires ne sont pas en reste: CASA a procédé à deux émissions de 3 et 1,75 milliards de dollars quand BNP Paribas a émis pour 2,25 milliards de dette obligataire. Enfin, la Caisse d'Amortissement de la Dette Sociale a récolté 8 milliards de dollars via deux émissions, de cinq et trois milliards de dollars.
La Grande-Bretagne et le Canada ont décroché les deuxième et troisième places avec des volumes d’émissions atteignant respectivement 26,2 milliards de dollars (2,88%) et 25,8 milliards de dollars (2,83%).
Alors que les entreprises européennes sollicitent de plus en plus les investisseurs américains, il est intéressant de noter qu’Apple, qui compte écouler 17 milliards de dollars de dette pour financer son programme de rachat d’actions, envisagerait de solliciter le marché européen. Et ce, pour deux raisons : des taux plus bas et la volonté de la firme à la pomme de diversifier sa base de créanciers.
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