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Macro-économie / Taux / Dette obligataire

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Dette obligataire

Les entreprises françaises, championnes du financement sur les marchés

Les sociétés de l'Hexagone ont émis plus de 190 milliards d’euros d'obligations depuis 2009, contre 40 milliards seulement en Allemagne. Reste le problème de l'accès des PME à ce marché.
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Les dernières enquêtes de crédit auprès des banques, ainsi que les chiffres réels de prêts accordés aux sociétés non financières de la zone euro, ne trompent pas : le marché du crédit fonctionne toujours au ralenti, six ans après le début de la crise Lehman. D’une part, les banques de la zone euro ont dû s’adapter à un nouvel environnement réglementaire plus restrictif, qui les a poussées à réduire leurs ratios d’endettement, d’autre part les sociétés ont elles-mêmes assaini leurs bilan, avec un endettement désormais stabilisé à un niveau de 70% du PIB en 2013 en moyenne.

Les sociétés européennes sont donc de plus en plus nombreuses à choisir des modes de financement alternatifs, comme le soulignent l’évolution des émissions obligataires depuis quelques années. Selon les calculs de la Société Générale, entre janvier 2009 et février 2014, les crédits bancaires ont diminué de 270 milliards d’euros, tandis que les émissions de titres ont au contraire augmenté de 430 milliards d’euros. Mais cette substitution du crédit bancaire par l’endettement de marché concerne principalement les grandes entreprises. Celles-ci ont pu profiter de conditions particulièrement bonnes sur les marchés obligataires, avec un environnement de liquidité abondante et de taux au plus bas. 

En outre, certains pays s’en sortent beaucoup mieux que les autres. Ainsi, la situation de la France et de l'Allemagne dénote : si aucune baisse brutale du crédit bancaire n’est observée depuis 2009, l’encours des prêts est quasiment stable en Allemagne et il a même continué à progresser en France. L’atonie de la croissance du crédit en France et en Allemagne provient donc plutôt d’une faiblesse de la demande que de l’offre. Concernant le financement sur les marchés, les sociétés de l’Hexagone sont nettement en tête par rapport à leurs voisines allemandes : ainsi l’endettement de marché des premières a augmenté de 190 milliards d’euros depuis 2009, contre 40 milliards pour l’Allemagne. Le financement de marché représente désormais 30% de la dette des sociétés non financières françaises, contre 26% outre-Rhin.

Selon la Société Générale, deux facteurs permettent d’expliquer cette différence entre les deux pays : un facteur structurel puisqu’en France, les grands groupes multinationaux dominent, et ils ont plus tendance à se tourner vers le financement de marché que les entreprises du Mittelstand allemand. Un facteur plus conjoncturel ensuite : du fait de la dégradation de leurs capacités d’autofinancement, les sociétés de l’Hexagone ont davantage recouru à l’endettement.

En Espagne et en Italie en revanche, le crédit bancaire s’est nettement contracté (de 200 milliards en Espagne depuis 2009 et de 40 milliards depuis 2012 en Italie), notamment en raison de conditions de crédit bien moins avantageuses. Les taux d’intérêt des nouveaux prêts bancaires aux PME atteignent ainsi 5% en moyenne en Espagne et 6% en Italie, contre moins de 4% en France et en Allemagne.

Dernier mode de financement des entreprises: la titrisation, qui permet aux banques de sortir les créances de leurs bilans et aurait pu représenter une alternative pour les PME qui ont du mal à accéder aux marchés. De quoi « continuer à assurer le bon financement des PME, sans en porter totalement le risque dans leurs bilans afin de répondre aux exigences prudentielles ».

Cette solution est malheureusement encore peu développée : sur l’ensemble de la zone euro, les montants de crédits aux PME ayant été titrisés a atteint 145 milliards d’euros au deuxième trimestre 2013, ce qui représente seulement 10% de l’encours des prêts aux PME. L’assouplissement des exigences en capital pour les prêts ABS, évoqué par la BCE, paraît donc une excellente option pour relancer le marché du crédit dans les périphériques. Surtout, le lancement d’un programme d’achats de ce type d’actifs privés, plusieurs fois évoqué aussi par Mario Draghi, serait à ce titre l’une des meilleures options.

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