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Compétitivité de la Place de Paris : les propositions des rapports Cabannes et Perrier
Deux textes ont été présentés ce matin par Paris Europlace. Ces rapports donnent des pistes pour améliorer le financement de l'économie et redonner envie aux investisseurs. Euronext devra montrer patte blanche pour convaincre ses futurs actionnaires.
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"Le déclin de la Place de Paris n'est pas irréversible." Pour Séverin Cabannes, directeur général délégué de Société Générale et instigateur de l'un des deux rapports sur la compétitivité de notre place financière présentés ce matin par Paris Europlace, des actions peuvent être mises en oeuvre pour redorer notre blason. Les annonces du jour n'ont pas tant porté sur Euronext, que sur l'écosystème en général. Le sujet du noyau dur, qui sera central pour la solidité et la tranquillité de l'opérateur une fois l'IPO achevée, a seulement été évoqué à l'occasion d'une question au dirigeant de la Société Générale. Ce dernier a annoncé la couleur : son groupe n'investit pas dans une entité sans connaître au préalable son business plan.
La question de la compétitivité de la Place est cruciale. Paris est désormais situé à la 8ème place mondiale, selon l'indice Xinhua Dow Jones, soit trois places de perdues depuis 2010. Les raisons de cette dégradation sont connues : accélération de l'instabilité fiscale (avec introduction d'une rétroactivité fiscale), sur-fiscalisation, mauvaise allocation de l'épargne des ménages... Par exemple, pour le seul secteur bancaire, le taux d'imposition du résultat comptable avant impôt est passé de 38% en 2010 à 63% en 2012. Les deux rapports permettront de nourrir les travaux du "Comité de Place de Paris 2020", appelé de ses voeux par Gérard Mestrallet, à la tête de Paris Europlace et P-dg de GDF SUEZ, et soutenu par Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, en décembre dernier.
Le premier document, piloté par Séverin Cabannes avec le concours d'Oliver Wyman, s'est intéressé aux intermédiaires financiers, lesquels doivent être forts pour concourir au financement de l'économie et à la compétitivité de la Place. Le texte ne se contente pas d'écrire noir sur blanc les obstacles au rayonnement français, il avance des propositions pour y remédier. Ces dernières se déclinent en trois grands axes. Le premier traite de la stabilité du cadre réglementaire et fiscal. Sans grande surprise, il est proposé de renoncer au projet de la taxe européenne sur les transactions financières, telles que dessinée par Bruxelles. D'autre part, Séverin Cabannes propose d'affecter la taxe "risque systémique" -spécificité française en place depuis trois ans et dont le produit alimente le budget de l'Etat- au fonds de résolution européen créé dans le cadre de l'union bancaire, afin de ne pas surcharger les établissements. Ce qui serait somme toute logique tant de point de vue du but poursuivi (briser les liens entre Etats et banques) que du principe (une taxe systémique pour un fonds de résolution des crises bancaires).
Deuxième axe : saisir les opportunités créées par la désintermédiation, laquelle est encouragée par les règles prudentielles. Car si la désintermédiation connait des limites (c'est tout de même par ce modèle US qu'est arrivé la crise de 2008), elle est l'occasion de développer le système de notation des placements privés, sur lesquels de grandes institutions ont avancé des propositions la semaine dernière. Il est aussi envisagé de mettre en place une chambre de compensation de référence, notamment pour les dérivés, à Paris. Idée qui est sur la table depuis quelques mois déjà. Enfin, troisième axe : les experts veulent un travail sur la forme, dans la façon de promouvoir la PLace de Paris. Les banques ont, par exemple, tout intérêt à faire un travail de pédagogie.
C'est Yves Perrier, directeur général d'Amundi, et le BCG (Boston Consulting Group) qui ont porté le second rapport, orienté sur la question centrale des investisseurs. L'une des questions charnière est l'allocation de l'épargne, actuellement tournée à plus des 2/3 sur l'immobilier. Le tout dans un contexte économique difficile et une aversion au risque de l'épargnant attisée. Il s'agit donc de développer l'épargne financière longue. Pour ce faire, il convient de mettre un point final à ce système de fiscalité à l'envers. En rendant par exemple la fiscalité plus incitative pour les actions. Ce qui n'entrainera pas forcément une baisse des rentrées fiscales si l'imposition était simplement mieux répartie sur d'autres produits. La titrisation est également un enjeu majeur. Si cette dernière était bien maitrisée dans un cadre très précis et transparente, elle encouragerait les banques à continuer de soutenir l'économie sans en faire pâtir leur bilan. Xavier Perrier met également l'accent sur l'importance de capter les capitaux étrangers (émergents en particulier) avec un objectif de passer de 15 à 20% de capitaux non hexagonaux gérés en France sur cinq ans. En effet, à elle seule, l'épargne chinoise pèse pour 4 000 milliards de dollars, "qui pourraient contribuer au développement et à la ré-industrialisation de notre pays", selon Yves Perrier.
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