Politique économique / Politique européenne / Politique économique
Politique économique
Politique européenne / Politique économique
Peut-on croire au tournant social-démocrate de Hollande ?
Le président
de la République a dévoilé les détails de son pacte de responsabilité pour les
entreprises. Et a mis en avant une politique désormais résolument tournée vers
l'offre. En espérant que ces grandes annonces ne resteront pas lettre
morte.
François Hollande
Le président a eu beau dire qu'il n'aimait pas le mot de "tournant", il a pourtant bien engagé un virage à 180 degrés hier soir lors de sa conférence de presse, la troisième depuis le début de son mandat. Alors qu'il avait lors des deux premières prestations clairement répété son attachement aux valeurs socialistes et misé sur une augmentation de la fiscalité pour redresser le pays, il a cette fois-ci accepté l'étiquette de social-démocrate. Et insisté pendant plus de deux heures et demie sur l'impor
tance d'une politique de l'offre, qui soutienne les entreprises françaises, seules capables de créer des emplois et d'inverser la courbe du chômage ! Dix-huit mois après son élection, il était grand temps que le gouvernement s'engage sur cette voie ! ffsd fs fdsf sfsfsf
test
François Hollande a donc donné davantage de détails sur son pacte de responsabilité pour les entreprises, rapidement évoqué lors de ses voeux. Ainsi, les sociétés de l'Hexagone bénéficieront de baisses de charges via une suppression totale des cotisations familiales pour les entreprises, soit l'équivalent de 30 milliards d'euros d'ici 2017. "Ceci n'est pas un cadeau fait aux entreprises", a cependant tenu à justifier le président, précisant que c'était la condition pour que celles-ci retrouvent des niveaux de marge suffisants, au plus bas historique en 2013.
Deuxième priorité établie par le gouvernement pour les entreprises, donner plus de visibilité à celles-ci : "Les entreprises n'investiront pas si elles n'ont pas un cadre clair à l'horizon 2017 avec une trajectoire de prélèvements obligatoires définie", a-t-il déclaré. Une modernisation de la fiscalité des entreprises et une baisse du nombre de taxes telles sont les exigences pour relancer l'investissement et l'emploi selon le président. Enfin les entreprises connaîtront un choc de simplification pour éviter les procédures inutiles et coûteuses et faciliter leur prise de décision. Le député Thierry Mandon et l'ex-patron d'Unibail Guillaume Poitrinal, nommés il y a quelques semaines à la tête d'un Conseil de simplification, devraient bientôt rendre leur rapport à ce sujet. En contrepartie de ce soutien aux entreprises, celles-ci devront fournir des objectifs chiffrés d'embauche, auprès des jeunes, des seniors, des moins qualifiés... Un observatoire des contreparties sera instauré auquel l'Assemblée nationale sera associée, afin de vérifier que les objectifs sont respectés.
Comment cependant financer ces 30 milliards d'euros de charges en moins ? Via une réduction des dépenses de l'Etat, des collectivités et de la Sécurité Sociale. Le président s'est ainsi engagé à réduire la dépense de 50 milliards d'euros entre 2015 et 2017. Soit l'équivalent de 4% de l'ensemble des dépenses des collectivités. C'est sans doute sur ces promesses là que le gouvernement aura le plus de mal à convaincre les entreprises, les ménages et les marchés. Certes, le président a assuré qu'une nouvelle méthode serait instaurée pour mettre en place des réformes structurelles en redéfinissant totalement les missions de l'Etat et des collectivités. Mais il a finalement donné très peu de détails sur la répartition de ces économies et cité des idées de nombreuses fois évoquées (rapprochement régional, redéfinition des grandes aires métropolitaines) mais jamais réalisées.
François Hollande à qui il a été reproché pendant le jeu de questions réponses le manque de précisions, a tenu à donner plus de crédibilité à son discours en dévoilant un calendrier précis de la mise en place du pacte de stabilité. Le 21 janvier le Premier ministre devrait ainsi s'adresser à l'ensemble des acteurs économiques et de l'emploi pour lancer le pacte. Dès la fin du mois auront lieu les assises de la fiscalité qui seront l'occasion de recevoir les entreprises. En avril sera mis en place un second train de mesures de simplification (le président estime qu'un premier train a été instauré depuis le début de son quinquennat !) et au printemps aura lieu une grande conférence sociale. A la suite de celle-ci un document sera rédigé pour formaliser les engagements du pacte. Le gouvernement engagera sa responsabilité devant l'Assemblée sur ce texte, a déclaré le président.
Même s'il est sans doute utopique de compter sur les 50 milliards d'euros de réductions de dépenses annoncées, alors que le gouvernement n'est parvenu pour le moment qu'à stabiliser la hausse des dépenses publiques, la conférence de presse d'hier laisse du moins espérer un changement de ton majeur à l'égard des entreprises. "Je suis social-démocrate", a affirmé François Hollande. Ce qui signifie que le président est désormais prêt à agir en faveur de l'offre, afin de créer une dynamique de l'emploi qui ne provienne non plus de l'Etat via de petits contrats aidés inefficaces, mais des entreprises elles-mêmes.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi
01/01/1970 - 01:00

