IPO / IPO / europe
IPO
IPO / europe
La fenêtre des IPOs européennes pourrait-elle s’ouvrir pour de bon en 2025 ? / Les facteurs positifs et les réserves s'entremêlent
Voilà quelque temps que les introductions en Bourse (IPOs) en Europe sont à la peine. Voilà, également quelque temps, qu’une reprise est envisagée pour l’année à venir. 2025 sera-t-elle la bonne pioche ? À en croire plusieurs observateurs, cela devrait normalement être le cas. Et le fournisseur européen de données PitchBook semble être du même avis. "L’évènement que nous avions prédit en 2024 a ouvert la voie à une fenêtre plus large en 2025 ", estime-t-il dans une étude parue ce mardi. "Les valorisations se sont redressées tout au long du second semestre de 2024, se situant dans notre seuil de fenêtre d’IPOs de plus de quinze fois le ratio cours/bénéfice. La volatilité s’est maintenue à des niveaux favorables, et les points clés de l’année dernière, tels que les taux d’intérêt et la géopolitique, ont gagné en clarté", ajoute le rapport.
Une fenêtre à cinq poignées
Selon PitchBook, une fenêtre d’IPOs ne s’ouvre toutefois que grâce à cinq poignées. Les taux d’intérêt dans un premier temps, ayant une influence sur la seconde d’entre elles (soit les valorisations et l’évolution des cours des actions), la géopolitique et la réglementation, les facteurs propres d’une entreprise et la rentabilité. "Cependant, malgré un environnement plus clair pour les taux, les valorisations et la géopolitique, deux domaines pourraient peser sur le pipeline prometteur de l’Europe en 2025 : les rendements des prix des actions et la rentabilité", explique PitchBook.
Un dernier point à double tranchant. En effet, depuis quelques années, les marchés actions ont opéré un changement de mentalité en faveur de celle-ci, qui s'est poursuivi au fil du temps, remarque PitchBook. La priorité accordée aux modèles d’affaires capables de générer un flux de trésorerie organique s’est manifestée tant dans les deals conclus sur les marchés privés, que dans les nouvelles cotations.
Preuve en est, si la proportion d’IPOs d’entreprises rentables est en hausse depuis 2020, elle a marqué un tournant en 2023 et continué d’augmenter de manière significative pour atteindre un niveau record en 2024 : 74,6 % des cotations européennes l’an passé avaient un Ebitda positif au moment de leur IPO. "Nous pensons que ce changement structurel va se poursuivre, en particulier en Europe où la tolérance à la croissance à tout prix est plus faible", observe PitchBook. En théorie, cela se traduira donc par l’arrivée sur le marché d’entreprises de meilleure qualité. De quoi s’aligner sur la tendance de 2024 : les fonds levés devraient s’afficher en hausse, mais le volume d’IPOs pourrait en pâtir.
D’autres signaux à surveiller
Néanmoins, l’amélioration d’autres facteurs pourrait, dans l’ensemble, bel et bien ouvrir cette fenêtre d’IPOs. Déjà, le nombre de sociétés soutenues par des fonds de capital-risque et de capital-investissement ayant une forte probabilité à être cotées en Bourse continue d’augmenter, relève PitchBook. Et le déblocage de liquidités grâce à ces sorties (un sujet qui sera de prime importance pour les acteurs européens du private equity cette année), pourrait être significatif. Petit signal d’attention : celui de la montée en puissance des fonds de secondaire et du venture debt, qui pourrait retarder certaines cotations, même si l’effet reste pour l’instant difficile à quantifier, anticipe PitchBook.
Les premières réserves à ce rebond des IPOs européennes ? Celle de la fuite des cerveaux des Bourses européennes vers les États-Unis, l’aggravation de l’écart de la baisse des rendements des cotations soutenues par des fonds privés entre l’Europe et outre-Atlantique et, enfin, cette demande croissante d’IPOs rentables, qui pourrait donc jouer en défaveur des volumes. Il n’est d’ailleurs pas acquis que les conditions de marché resteront limpides tout au long de 2025. La clarté sur les conditions de taux d’intérêt, notamment aux États-Unis, pourrait par exemple se dissiper. "Nous faisons donc preuve d’une certaine prudence dans notre optimisme, car toutes les étoiles ne se sont pas alignées et le paysage reste complexe dans l’ensemble de l’écosystème européen. Cependant, nous prévoyons une croissance des volumes de cotation en Europe, où la reprise de la valeur devrait rester concentrée sur quelques grands noms. La poursuite de ces tendances à partir du second semestre 2024 sera essentielle pour inspirer confiance aux plus petits acteurs du marché, en veillant à ce que la marée montante soulève tous les bateaux", prévient l’étude.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

