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Le marché du gaz n’est pas épargné par les turbulences géopolitiques / Le rééquilibrage du marché a du plomb dans l’aile
L’équilibre du marché a volé en éclat, lui qui s'était patiemment construit depuis plusieurs années. Voici que la crise au Moyen-Orient a balayé la dynamique des derniers mois. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) explique que lors de la « saison de chauffage 2025 », la forte croissance de l’offre de GNL avait permis non seulement de contenir les prix mais aussi de les réduire. La mise en service de nouvelles capacités de liquéfaction a en effet permis de voir les prix de référence en Europe et en Asie diminuer d’environ 25 % - entre octobre et février - tandis que la demande gagnait près de 12 % en glissement annuel sur la période.
Les affrontements au Moyen-Orient ont donc réussi là où les tempêtes hivernales ont échoué, que ce soit en Amérique du Nord ou en Europe. Le gaz étant d’autant plus précieux dans ces géographies qu’il est insensible aux conditions météorologiques à la différence de la production renouvelable. Cette dernière constitue une part de plus en plus importante des mix énergétiques de ces différents pays. Les dégâts provoqués par le conflit risquent quant à eux de mettre à mal les efforts de diversification des approvisionnements déployés ces dernières années.
Frein
Les souvenirs douloureux de la dernière crise énergétique en date avaient en effet incité à accroître les investissements permettant d’améliorer la sécurité énergétique. Des investissements dans le temps long, dont les bénéfices pourraient bien être en partie anéantis par les affrontements du début d’année. Les équipes de l’AIE considérant que la crise devrait « avoir des répercussions sur les perspectives à moyen terme. Les dommages aux infrastructures de liquéfaction du GNL au Qatar devraient réduire la croissance prévue de l’offre et retarder l’impact de la vague mondiale d’expansion du GNL anticipée d’au moins deux ans ».
Les calculs effectués évoquent un effet combiné des pertes d’approvisionnement à court terme et d’une croissance plus lente de la capacité pouvant aller jusqu’à entraîner une perte totale de l’ordre de 120 milliards de mètres cubes d’approvisionnement en GNL entre 2026 et 2030. L’arrivée des nouveaux projets de liquéfaction ne pouvant pas compenser les pertes causées dans l’immédiat, l’impact devrait mettre les marchés sous tension jusqu’en 2027. L’institution dirigée par Fatih Birol préconise d’ailleurs aux importateurs de gaz de miser sur un portefeuille diversifié de contrats à long terme plutôt que sur une disparition de la volatilité des prix.
Dos rond
Nombre de pays et de gouvernements n’ont pas attendu ces conseils pour agir, à l’instar des pays asiatiques ayant choisi de mettre en place des mesures de changement de carburant et de maîtrise de la demande pour limiter la consommation de gaz en pleine crise d’offre. En Europe, la demande de gaz naturel a diminué d’environ 4 % en glissement annuel en mars, tirant profit d’une hausse de la production d’électricité renouvelable. Un climat favorable a également permis d’amortir les conséquences de la crise.
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