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L’Europe accélère enfin sur son indépendance énergétique / Bruxelles a fait des propositions en ce sens
Le Vieux continent se met en ordre de marche. Mis devant ses propres faiblesses, il se doit d’agir, et vite pour s’assurer qu’il pourra disposer d’une énergie abondante et abordable dans la durée. C’est dans cet esprit que la Commission européenne a présenté différentes mesures cette semaine visant à soutenir les investissements en droite ligne avec le plan d’action pour une énergie abordable, adopté en février dernier. Il y était déjà question de réduire les factures énergétiques dans un horizon de court terme et de travailler sur le plus long terme à la modernisation du système énergétique européen.
Il faut dire que les besoins sont conséquents, à en écouter la Commission européenne. Ce ne seraient pas moins de 660 milliards d’euros qui seraient nécessaires chaque année pour permettre la transition vers une énergie propre. Une somme évoquée pour la décennie actuelle, avant de passer à quelque 695 milliards d’euros annuellement lors de la suivante. De quoi inciter les instances européennes à trouver la façon de « combler le fossé entre les capitaux privés actuellement disponibles et les investissements nécessaires ».
Diriger
En complément des montants évoqués précédemment, le Groupe BEI est annoncé comme s’engageant « à verser un montant indicatif maximal de 500 millions d’euros au Fonds d’investissement dans les infrastructures stratégiques ». Ce qui est qualifié tel un « capital d’ancrage pour investir dans des projets d’infrastructures énergétiques spécifiques » ou encore d’un « coup de fouet financier ».
Au vu des montants, le financement public ne pourra pas tout faire et sera essentiellement un catalyseur. La Commission évoquant ouvertement les quelque 12 000 milliards d’euros d’actifs détenus en Europe par les investisseurs institutionnels, lesquels sont appelés à être mobilisés pour servir la transition vers une énergie propre. Les rendements stables à long terme que les projets énergétiques sont supposés fournir sont censés être attractifs pour eux, néanmoins la Commission européenne reconnaît qu’un sujet existe sur la façon de « canaliser efficacement ce capital dans la transition vers une énergie propre ».
Plusieurs approches ont ainsi été proposées, l’une d’entre elles se trouvant être la titrisation des « flux de revenus futurs, tels que les tarifs de réseau réglementés ou les paiements pour les énergies renouvelables, en les convertissant en titres négociables de haute qualité » et pouvant offrir les rendements recherchés. Une autre voie présentée ces dernières heures est le recours à des obligations hybrides, offrant la possibilité de lever des capitaux et ce « sans dépasser les limites de la dette, ce qui rend ces investissements plus attrayants pour les établissements peu enclins à prendre des risques ».
Revirement
Des annonces qui comprennent un volet dédié au nucléaire, quelques jours après qu’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a considéré que diminuer la part du nucléaire en Europe a été une "erreur stratégique". L’intérêt de cette source d’énergie semble avoir été réévalué en raison de sa capacité en termes d’autonomie stratégique et de réduction des dépendances aux importations. La Commission est revenue sur la stratégie pour les petits réacteurs modulaires, laquelle est pensée pour « aider l’industrie à accélérer son développement et son déploiement ». Il est également désormais envisagé « un complément supplémentaire de 200 millions d’euros pour InvestEU provenant du Fonds pour l’innovation jusqu’en 2028 afin de soutenir le déploiement des premières unités commerciales de technologies nucléaires innovantes grâce à des garanties visant à réduire les risques ».
Les ménages ne sont pas laissés pour compte et au milieu de ces mesures visant à soutenir l’industrie européenne on retrouve la volonté de leur permettre d’accéder à une énergie abordable. La Commission compte bien œuvrer tant pour réduire les factures énergétiques, que pour « donner aux citoyens les moyens de produire et de partager leur propre énergie propre » et enfin s’attaquer à la précarité énergétique. Les axes d’efforts concernent la possibilité de bénéficier d’un changement de fournisseur plus rapide, la réduction des taxes existantes ou encore une transparence accrue des informations sur les factures et les contrats d’énergie.
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