Macro-économie / Taux / gaz / hiver / approvisionnement
Macro-économie / Taux
gaz / hiver / approvisionnement
Le spectre de l’hiver pèse déjà sur l’Europe / Un Vieux continent qui demeure dépendant au gaz
Une crise qui couve. Le danger n’est pas immédiat pour l’approvisionnement de l’Europe en gaz, c’est davantage l’incapacité du continent à constituer des réserves considérables qui inquiète les observateurs. Parmi eux, John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, lequel résume la situation en exposant qu’une « crise ne commence pas lorsque les réservoirs sont vides, mais lorsque la marge de sécurité devient insuffisante face à un hiver plus froid que d’habitude, une rupture d’approvisionnement ou une nouvelle flambée des prix ».
Les dernières données disponibles n’incitent pas à l’optimisme, puisqu’au 10 août, les stocks européens de gaz n’étaient remplis qu’à hauteur de 59,4 %. Soit un niveau inférieur de 15 à 20 points de pourcentage à la moyenne saisonnière, le fait le plus inquiétant demeurant que l’Allemagne n’a ses réserves remplies qu’à 48,6 %. Un mauvais élève notable par rapport aux niveaux italien (77,7 %), français (60,9 %) ou encore autrichien (62,2 %). Une très mauvaise nouvelle, explique l’expert de Cité Gestion, puisque l’Allemagne est simultanément le « cœur industriel de l’Europe », tout en étant « un de ses principaux centres de stockage, de consommation et de redistribution du gaz ».
Collectif
On ne peut en effet considérer la situation de chaque pays de façon isolée, la faiblesse allemande implique malheureusement une diminution de la sécurité collective puisque Berlin ne pourra plus aider dans la même mesure le continent à répondre aux pics de demande. Entre un cinquième et un tiers des approvisionnements du continent en hiver dépendent alors des volumes retirés des réserves.
Tout n’est pas perdu pour autant, cependant John Plassard rappelle qu’on a beau avoir fait disparaître la dépendance européenne au gaz russe, c’est au prix de l’arrivée d’une autre forme de dépendance. Cette fois-ci, l’Europe est soumise au bon fonctionnement du commerce maritime et au niveau des prix pratiqués. En fonction de l’évolution de ces deux facteurs, elle a encore le temps de remplir ses réserves, mais n’est plus totalement maîtresse de son destin.
Arbitrer
Elle doit en effet arbitrer entre proposer des prix à même d’attirer suffisamment de méthaniers en Europe et ne pas débourser une somme trop considérable pour éviter de faire souffrir davantage son économie. Reste à savoir également quel sera le besoin effectif en chauffage cet hiver et à quel point les autres sources de production d’électricité pourront prendre le relais.
Ce qui concerne évidemment le nucléaire et tout particulièrement le parc français, lorsque ce dernier tourne à plein régime, il permet à l’ensemble des marchés de l’électricité d’être moins sujets aux tensions. Il en va de même pour la capacité des barrages à fournir une partie du mix énergétique européen : un moindre remplissage des retenues d’eau a des conséquences sur l’ensemble du continent.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

