Macro-économie / Taux / Minerais / UE / approvisionnement
Macro-économie / Taux
Minerais / UE / approvisionnement
La diversification de l’approvisionnement de l’Union européenne en matières premières mal engagée / Un constat sans concession est dressé par la Cour des comptes européenne
Une sécurité à garantir pour 26 minéraux critiques qui pourrait bien tarder à se concrétiser. C’est la réalité dépeinte par la Cour des comptes européenne dans un rapport. Ses auditeurs ne sont guère optimistes concernant l’objectif d’extraction sur le sol européen de matières premières stratégiques afin de couvrir 10 % de la consommation de l’Union européenne (UE). Ils expliquent que pour l’heure les activités d’exploration sont relativement peu développées et quand bien même elles seraient menées, le temps entre la découverte d’un gisement et son exploitation peut prendre jusqu’à 20 ans en Europe.
Ce qui rend à leurs yeux « difficile dès lors d’imaginer de quelconques résultats concrets à l’horizon 2030 », ce qui est d’autant plus dommageable que les « capacités de transformation – censées pouvoir couvrir 40 % de la consommation de l’UE d’ici à 2030 – sont quasiment à l’arrêt, notamment en raison des coûts élevés de l’énergie qui peuvent fortement réduire leur compétitivité ». De quoi entraîner l’UE dans un possible cercle vicieux étant donné qu’un manque d’approvisionnement semble empêcher le développement des projets de transformation, ce qui réduit la motivation à sécuriser l’approvisionnement.
Urgence
Il faut rapidement agir, rappelle Keit Pentus-Rosimannus, membre de la Cour responsable de l’audit, celle-ci arguant que « malheureusement, la situation est grave tant nous dépendons aujourd’hui d’une poignée de pays tiers pour l’approvisionnement de ces matières ». L’experte appelant à développer également le recyclage et décrivant les limites d’un règlement européen fixant « à l’horizon 2030 que des objectifs non contraignants, qui ne s’appliquent qu’à un petit nombre de matières premières, considérées comme « stratégiques » en raison de leur importance élevée sur le plan économique et de leur exposition à des risques majeurs pour l’approvisionnement ». Ce qui rend peu probable l’atteinte des différents objectifs d’ici la fin de la décennie.
L’état des lieux révèle d’une part que l’UE n’a signé que, au cours des cinq dernières années, 14 partenariats stratégiques sur les matières premières et de l’autre que sept ont été conclus avec des pays ayant des scores de gouvernance médiocres. Une partie des actions de l’UE tardent à rentrer en action, qu’il s’agisse des négociations avec les États-Unis - lesquelles sont interrompues depuis 2024 – ou encore de celles avec le Mercosur qui ne sont pas pour l’heure suivies d’effets.
Lenteur
L’axe du recyclage présentait l’ambition de compter a minima 25 % de matières premières stratégiques consommées dans l’UE provenant de sources recyclées d’ici 2030. Le compte est loin d’y être pour l’heure, avec « 7 des 26 matériaux nécessaires à la transition énergétique présentant des taux de recyclage compris entre 1 % et 5 %, tandis que 10 autres qui ne sont pas recyclés du tout ». Les auditeurs expliquent que le problème provient tout d’abord d’objectifs mal fixés et également de recycleurs européens qui « sont confrontés à des coûts de transformation élevés, à la disponibilité réduite des matériaux ainsi qu’à des obstacles technologiques et réglementaires qui freinent leur compétitivité ».
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

