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Donald Trump; exposition; secteur bancaire

Macro-économie / Taux / BCE / Revue de stabilité financière / UE

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BCE / Revue de stabilité financière / UE

L’économie réelle n’est pas la seule à craindre une guerre commerciale / La stabilité financière pourrait bien en faire les frais également

La zone euro retient son souffle pour ses exportations vers les États-Unis mais son secteur financier pourrait bien faire la grimace dans la perspective d’un conflit commercial avec les États-Unis. La hausse du coût du risque, la baisse de la rentabilité ou encore des conditions de financement moins rentable sont susceptibles de jouer, explique la Banque centrale européenne dans sa Revue de la stabilité financière.
La guerre commerciale a des répercussions sur l'ensemble de l'économie et de la sphère financière. Photo by Isabelle Souriment / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
La guerre commerciale a des répercussions sur l'ensemble de l'économie et de la sphère financière. Photo by Isabelle Souriment / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Politique commerciale imprévisible ne fait pas bon ménage avec la stabilité financière. La croissance mondiale n’est en effet pas la seule à faire les frais de la nouvelle donne lancée par Donald Trump. Le dirigeant américain voit ses choix se répercuter sur l’ensemble de la zone euro, notamment puisque son système bancaire est exposé à différents secteurs eux-mêmes dépendants du commerce avec l’autre côté de l’Atlantique.

Un danger qui pourrait vite devenir une réalité à en croire la Revue de la stabilité financière de la Banque centrale européenne (BCE), laquelle juge que les banques du Vieux continent exposées "aux secteurs dépendants des États-Unis comme partenaire commercial pourraient être confrontées à un risque de crédit croissant avec le renforcement des restrictions commerciales". Il ne s’agit pas non plus du seul canal de transmission des tensions douanières au risque de crédit.

 

Quantifier

 

Les équipes de la BCE partagent cette semaine la proportion des expositions totales aux secteurs de l’UE pour lesquels une part significative de la production dépend soit des exportations vers les marchés de biens américains, soit des importations en provenance de ces marchés. Il s’agit pour l’heure de 9,6 % de toutes les expositions des sociétés non financières (1,5 % du total des actifs). Un chiffre brut qui cache des parts de prêts à risque très différentes d’un secteur bancaire de la zone à un autre ou encore entre chaque institution.

Il s’avère ainsi qu’en général les grandes banques semblent allouer une plus grande part de leurs portefeuilles aux secteurs qui dépendent du commerce avec les États-Unis. Cependant ce constat souffre lui-même d’exceptions, car ce sont davantage les petites banques qui sont dans cette situation en Espagne et en Allemagne. Pour faire face à ces risques, les seules mesures de provisions réglementaires ne sont pas mises en avant par la BCE, bien au contraire.

 

Précautions

 

Il n’en est pas moins affirmé que des "réserves solides de fonds propres et de liquidités constituent la première ligne de défense pour absorber les chocs résultant des perturbations commerciales", c’est plutôt le danger de se reposer sur cette seule précaution qui est pointé du doigt. Pour contenir le danger, il est préconisé plusieurs mesures qualifiées de proactives telles que des évaluations régulières des "risques spécifiques associés aux tensions commerciales".

Un effort qui demeure vain s'il ne conduit pas à "diversifier leurs portefeuilles afin de minimiser leur exposition à ces risques, et à réaliser des tests de résistance et des analyses de scénarios pour comprendre l’impact potentiel des tensions commerciales sur leurs positions financières et leurs opérations ". L’établissement de procédures d’urgence pour agir face à une matérialisation de ces risques est également martelé.

Il faut dire que les données communiquées par l’institut d’émission établissent que l’ensemble des secteurs boursiers de la zone euro "sont sensibles aux chocs défavorables de la politique commerciale américaine", avec "les secteurs de l’automobile, des biens de consommation, des technologies de l’information, de l’industrie, des matériaux et de la finance étant considérés par les marchés comme les plus exposés".

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