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Etats-Membres; PIB; RNB; notation

Macro-économie / Taux / Rearm Europe / UE / Dette / Fitch Ratings

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Rearm Europe / UE / Dette / Fitch Ratings

Des dépenses européennes loin d’être anodines / ReArm Europe n'est pas sans incidence pour les notations

Les agences de notations commencent à sortir du bois. Fitch Ratings a réagi au plan ReArm Europe de l’Union européenne, elle considère non pas que la notation européenne en soit automatiquement dégradée mais que la marge de manœuvre pour conserver une notation AAA/stable en deviendrait plus ténue. Les fondamentaux européens pourraient cependant s’en trouver améliorés.
Le réarmement européen demandera des fonds conséquents. Photo by Robert ATANASOVSKI / AFP
Le réarmement européen demandera des fonds conséquents. Photo by Robert ATANASOVSKI / AFP

Un effet domino à l’horizon. Les dépenses de défense sont loin d’être anodines aux yeux de Fitch Ratings. L’agence américaine considère dans une note qu’une augmentation de celles-ci devrait "entraîner une accumulation de dettes plus importantes pour les États membres de l’UE notés AAA, cela pourrait exercer une pression à moyen terme sur leur notation AAA, avec de potentielles répercussions sur la notation de l’UE elle-même".

Un scénario jugé probable par ses équipes, dans la mesure où elles pensent que "le projet de loi sur les 150 milliards d’euros de nouvelles dettes de l’UE, qui devrait être publié dans le courant du mois, sera approuvé car il ne nécessite que le soutien d’une majorité qualifiée". Dès lors la porte ouverte pour que les différents États membres puissent "activer la clause dérogatoire nationale du cadre fiscal de l’UE, leur permettant d’augmenter considérablement les dépenses de défense sans déclencher la procédure de déficit excessif", pourrait bien être enfoncée. Une hausse des dépenses de défense nationale de l’ordre 650 milliards d’euros en quatre est crédible dans un tel scénario

 

Mécanique

 

Pas d’automatisme pour autant à dégrader la notation de l’Union européenne (UE), notamment puisqu’un tel projet permet également de "réaffirmer l’importance politique de l’UE, ce qui constitue un facteur clé de notation". Certes une dette supplémentaire serait occasionnée, avec les quelque 150 milliards d’euros prêts de l’UE aux États membres et les emprunts associés, mais il est précisé que cela "n’entraînerait pas en soi une dégradation de la notation ". Toutes une série de facteurs étant passée en revue avant d’arriver à une telle décision.

La note AAA actuellement attribuée à l’UE est quant à elle expliquée comme "reposant principalement sur la capacité et la propension des États membres notés "AAA" (Allemagne, Pays-Bas, Suède, Danemark et Luxembourg, qui représentent ensemble 36,7 % des contributions budgétaires de l’UE basées sur le revenu national brut (RNB) en 2025) à fournir des fonds supplémentaires au budget de l’UE, si nécessaire pour rembourser la dette". C’est une baisse des contributions provenant de ces différents pays en "dessous du niveau qui couvre intégralement le service annuel de la dette" qui pourrait être perçue négativement par l’agence et induire une baisse de la notation européenne. Pour l’heure chacune des perspectives de tous les États membres notés "AAA" est stable. Mais une émission supplémentaire de dette, une volonté politique moindre des Etats membres à apporter un soutien budgétaire ou encore d’une dégradation de la notation d’un de ces États pourrait changer la donne.

 

Fin d’une ère

 

Le montant maximal que Bruxelles est en mesure de prélever chaque année auprès des États membres pour rembourser sa dette, est rappelé comme s’élevant à 2 % du RNB des États membres. Les calculs effectués par les équipes de Fitch Ratings font état qu’au titre de 2024 "le service annuel de la dette de l’UE s’élevait à 24,5 milliards d’euros, contre 78,1 milliards d’euros de contributions budgétaires supplémentaires totales des États membres notés AAA". De quoi très largement faire face, pour l’heure, à 150 milliards d’euros de prêts à rembourser sur le temps long. À noter que chez Fitch Ratings on ne table pas sur une " augmentation des prêts de l’UE liés à la défense complémentaires, qui s’effectueraient en dehors du plan "ReArm Europe ".

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