Macro-économie / Taux / Fitch Ratings
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Fitch Ratings
Un budget français scruté par les agences de notation / Moody's doit rendre son verdict ce soir
Un budget adopté, mais à quel prix pour le déficit ? C’est là le cœur du problème français des prochaines semaines, mois et années et c’est peu dire que la tâche n’est pas aisée. Pourtant, les observateurs à l’instar de Fitch Ratings, considèrent aujourd’hui que l’adoption d’un budget par le vote parlementaire n’est pas une gageure. Il serait en effet plus aisé d’arriver à modifier le budget existant pour un futur gouvernement que de s’aventurer dans une nouvelle procédure budgétaire complète.
Ce qui ne veut pas dire que l’hypothèse d’un budget adopté par ordonnance soit complètement écartée - dans le cas où le parlement ne se met pas d’accord sous 70 jours -, ce qui conduirait alors à l’adoption du budget initialement soumis. Pour autant, la notation souveraine tricolore demeure toujours sous pression, Fitch Ratings explique ainsi qu’une « nouvelle hausse substantielle de la dette publique pourrait ensuite entraîner un abaissement » à une perspective négative. Il faut dire que l’équation tricolore est loin d’être simple, mêlant un « endettement élevé et en hausse », à « un contexte politique et social qui complique l’assainissement budgétaire et des faibles perspectives de croissance. » Celles-ci ont été révisées à la baisse par le Fonds monétaire international cette semaine, offrant de moins en moins de marge de manœuvre pour rétablir les comptes publics.
Calendrier
Les conséquences dans l’immédiat de la situation sont claires pour Théophile Legrand, stratégiste taux chez Natixis Corporate & Investment Banking (CIB), ainsi que pour Hadrien Camatte, économiste senior France, Belgique et zone euro chez Natixis CIB. Leur vue pour les semaines à venir est « que Moody’s (Aa3, perspective négative) dégrade la note de la France à A1 lors de son examen du 23 octobre, une évolution déjà anticipée par le marché. » Ils expliquent que Moody’s demeure la dernière des trois grandes agences à maintenir une note équivalente à AA-.
En ce qui concerne S&P, le prochain verdict est prévu le 27 novembre 2026 et cette fois les deux experts considèrent qu’un « passage de la note 'A + ' avec perspective 'stable' à la note 'A+ ' avec perspective 'négative' semble hautement probable compte tenu des évolutions récentes (ralentissement de la croissance, trajectoire ascendante de la dette publique au moins jusqu’en 2030, hausse des coûts de service de la dette, déficit supérieur à 5 % en 2026, risques pesant sur le budget 2027 et instabilité politique persistante). » Ce qui n’écarte en rien la possibilité d’un déclassement direct de la note que ce soit à la fin du mois prochain ou bien en 2027. Le risque d’une telle action est qualifié de non négligeable.
Les considérations sur la notation souveraine tricolore ne s’arrêtent pas à ces deux seules échéances, Hadrien Camatte et Théophile Legrand considéraient dès la semaine passée que « lorsque l’on met en regard la notation de la France et l’écart entre l’OAT et le Bund à 10 ans, le marché semble avoir déjà intégré plusieurs crans de dégradation. » Tout en expliquant que cette réaction de marché leur semblait alors quelque peu excessive, ils appellent à se souvenir des dégradations rapides de notation qui ont pu survenir par le passé notamment lors de la crise des dettes souveraines de la zone euro. La décision de S & P de dégrader la note de la France en octobre 2025, en dehors de son calendrier de révision habituel, est également vue telle une preuve que « le calendrier des notations peut s’accélérer rapidement en cas de chocs défavorables ou d’une perte soudaine de confiance des marchés. » Le nombre de déclassements futurs est présenté comme résultant essentiellement de la capacité des membres du gouvernement français à mettre le pays sur une trajectoire de stabilisation de la dette publique d’ici 2030. Chez Natixis CIB on juge qu’il sera crucial d’observer la capacité du pays à revenir à une stabilité institutionnelle, à la suite des prochaines élections présidentielles et législatives.
Nœud gordien
L’effort à réaliser pour remettre les finances publiques en ordre est de fait de plus en plus coûteux pour la France, chez le géant de la notation qu’est Fitch Ratings, on martèle qu’à elle seule l’adoption de ce budget ne suffirait pas à résoudre la problématique de l’ajustement croissant à mettre en œuvre lors des futurs exercices budgétaires. Fitch Ratings estime désormais l’ajustement budgétaire cumulé nécessaire à 3,5 % du PIB, là où cet effort était encore évalué à 3,0 % au mois d’août. Une conséquence directe de la réévaluation du poids de la charge d’intérêts sur les finances publiques. Fitch Ratings en retrace l’historique récent et explique s’attendre à « une augmentation cumulée équivalant à 0,8 % du PIB entre 2026 et 2028, contre 0,3 % du PIB anticipé il y a un an. »
La récente séquence de hausse de rendement des obligations d’État à 10 ans est, quant à elle, analysée tel le signe non pas uniquement de la hausse de la volatilité à travers l’ensemble du globe, mais également d’une faiblesse particulière de l’Hexagone. Ceci en raison d’une hausse plus conséquente des taux que chez ses pairs, laquelle suggère une vulnérabilité accrue aux chocs de confiance, associée « à une dérive des finances publiques, à une incertitude politique plus forte ou à une croissance plus faible. » Un point faible qui ne manquerait pas de se révéler particulièrement coûteux en cas de conflit pour faire adopter le budget, puisqu’à même de faire grimper les coûts d’emprunt en entraînant une volatilité supplémentaire.
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L’actualité n’aide en rien à résoudre la question de l’endettement, au contraire, dans la mesure où la tolérance sociale aux efforts de rigueur budgétaire risque d’être limitée. Le géant américain interprète les récentes manifestations lycéennes telles une partie « des pressions en faveur d’une hausse des dépenses publiques, notamment pour les effectifs et les moyens des établissements scolaires ». Pour l’heure, les dépenses d’éducation ne sont pas attendues en progression dans le projet de budget 2027.
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