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Macro-économie / Taux / OCDE / restrictions / Minerais / métaux

Macro-économie / Taux
OCDE / restrictions / Minerais / métaux

Les matières premières critiques n’échappent pas au protectionnisme / Une hausse des restrictions à l’exportation est constatée

La hausse de la demande en matières premières critiques semble devoir se conjuguer avec des restrictions à l’exportation. L’Organisation de coopération et de développement économiques dévoile ces deux tendances dans un rapport dédié et estime que le phénomène n’est pas près de disparaître. Il est ainsi avancé que le nombre de matières premières industrielles soumises à au moins une restriction de la sorte a fait plus que quintupler depuis 2009.
Mine de lithium. Photo by Lucas Aguayo Araos / ANADOLU / Anadolu via AFP
Mine de lithium. Photo by Lucas Aguayo Araos / ANADOLU / Anadolu via AFP

Une très coûteuse protection. Loin d’être encouragée, l’explosion des restrictions aux exportations est sévèrement critiquée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), laquelle estime qu’un engrenage pour le moins dangereux peut se mettre en place. Les premières mesures mises en place risquant d’inciter d’autres nations à faire de même.

Les conséquences sont pour le moins redoutées étant donné que les "augmentations en spirale du prix des produits de base qui s’ensuivent sont tout à la fois reflet et cause du durcissement des restrictions à l’exportation de matières premières ". Il n’y a pas forcément besoin de cette dynamique puisque dès qu’une hausse des cours mondiaux d’une matière première critique peut survenir dès lors que "le pays qui les impose détient une large part du marché correspondant".

 

Escalade

 

Las, il semble que le phénomène redouté commence déjà à se produire. Les équipes de l’OCDE arguant que "10 % de ces échanges mondiaux (de matières premières, ndlr) font l’objet d’une mesure restrictive au moins". Les exportations de minerais et de minéraux sont particulièrement concernées et il s’avère que les restrictions les concernant "augmentent plus rapidement en nombre que celles touchant les autres segments de la filière".

L’institution a beau critiqué ces choix de différents gouvernants, il n’en demeure pas moins qu’elle constate qu’elles ne contreviennent pas dans une majorité des cas aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ce sont en effet majoritairement les taxes à l’exportation qui sont utilisées et qui ne sont pas condamnables dans une majorité des cas à l’inverse des restrictions quantitatives. Des méthodes qui expliquent que la valeur des échanges de matières premières critiques a davantage augmenté, entre 2007 et 2019, que le volume de ces échanges, avec près 38 % de croissance contre 31 %.

 

Cartel

 

Certains acteurs s’avèrent être bien plus friands que d’autres concernant les restrictions à l’exportation. Rien que pour 2023 ce sont près de " 94 % des mesures de ce type mises en place en 2023 [qui] l’ont été par sept pays seulement (Chine, Viet Nam, Burundi, Russie, République démocratique du Congo, Zimbabwe et République démocratique populaire lao)". Une illustration pour l’OCDE de "l’influence considérable qu’une poignée d’acteurs peut avoir sur l’accès mondial aux matières premières".

Une dynamique loin d’être positive aux yeux de Mathias Cormann, le Secrétaire général de l’OCDE, lequel considère qu’augmenter "les restrictions à l’exportation de matières premières critiques peut faire grimper les prix et le risque de perturbation dans les chaînes d’approvisionnement, au détriment de la croissance mondiale, de l’expansion des énergies renouvelables et de la transformation numérique". C’est d’autant plus vrai que certains minerais et métaux sont particulièrement sujets aux restrictions, alors même qu’ils sont centraux pour les énergies renouvelables ou encore la transition énergétique, c’est ainsi que le "cobalt et les terres rares ont été particulièrement touchés (par des restrictions aux exportations entre 2021 et 2023 ndlr), avec respectivement 67 % et 46 % des échanges concernés ".

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