Macro-économie / Taux / Chine / OCDE / subventions
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Chine / OCDE / subventions
L’OCDE pointe du doigt les subventions chinoises à l'industrie / Pékin serait responsable de nombreuses distorsions de concurrence
"Comme le dopage dans le sport, le risque est que les aides publiques aident des acteurs moins productifs à gagner de manière injuste, au détriment des meilleurs". Mathias Cormann, le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), n’a pas fait de faux-semblant ces derniers jours. Il a montré son courroux face à une situation qui risque de faire perdurer des distorsions de concurrence dans des secteurs industriels majeurs. Pour étayer ce constat, ses équipes ont utilisé une base de données appelée "Manufacturing Groups and Industrial Corporations" (MAGIC) et couvrant les secteurs de l’aéronautique et défense, de l’automobile, d’un certain nombre de technologies liées à la transition énergétique en passant par les engrais, la chimie ou autre semi-conducteurs, acier et aluminium.
Véritable caverne d’Ali Baba de données sur les entreprises de ces secteurs clés, elle vient d’être rendue publique ce lundi. C’est peu dire qu’elle témoigne d’une absence de repli des subventions industrielles : à date de 2024, elles étaient de quelques 108 milliards de dollars et un tel niveau n’avait pas été atteint la crise des subprimes. Là où le bat blesse, c’est non pas tant que les entreprises ont pu en tirer profit pour gagner des parts de marchés - 22 % des gains seraient expliqués de cette façon -, c’est plutôt que les firmes chinoises en ont tiré un avantage considérable (la proportion atteignant 60 % pour les parts de marchés gagnées par les firmes de l’Empire du milieu).
Signal
Ce qui inquiète Mathias Cormann et ses équipes, c’est que ces sommes « n’ont pas entraîné de gains significatifs de productivité ou de rentabilité ». Un des exemples retenus par l’institution est celui de la production de panneaux solaires, un sujet sur lequel on retrouve à la fois « des niveaux élevés de subventions – le secteur le plus subventionné de notre base de données en termes relatifs – et une forte concentration géographique ». Les sommes allouées en subventions ont eu comme conséquence de faire croître considérablement les capacités de production et de les faire excéder largement la demande du marché.
Les conséquences comprennent certes des baisses de prix, cependant elles ont également été délétères en 2024, avec à la fois des baisses de revenus comme des suppressions massives d’emplois tant certaines géographies ne pouvaient pas tenir le choc face à des acteurs subventionnés. Le problème étant que bien souvent une production subventionnée dans une économie ne cantonne pas ses effets à l’intérieur des frontières. L’OCDE expliquant que ces politiques vont avoir un impact potentiel sur les fournisseurs d’autres économies, et ce « même en l’absence d’échanges commerciaux, lorsque l’ampleur de la production subventionnée est telle qu’elle influe sur les prix mondiaux et rend d’autres producteurs non viables ».
Méthode
Certaines façons de faire semblent être monnaie courante, notamment la propension des Etats à subventionner les entreprises dans lesquelles ils détiennent une participation considérable. Le modèle MAGIC mettant en évidence qu’en moyenne « les entreprises détenues à plus de 25 % par l’État ont bénéficié d’un soutien nettement plus important que leurs concurrents privés », tout particulièrement sous forme de subventions directes et de prêts bonifiés. Un phénomène expliqué par l’OCDE par le fait que ces firmes sont bien « souvent présentes dans des secteurs de l’industrie lourde caractérisés par un recours accru au financement par l’emprunt et des conditions d’emprunt souvent plus favorables que celles du marché, ainsi qu’en Chine ».
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