Macro-économie / Taux / engrais / Cnuced / approvisionnement
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engrais / Cnuced / approvisionnement
Le monde ne doit pas seulement apprendre à se passer d’or noir / L’approvisionnement mondial en engrais est également menacé par la fermeture du détroit d’Ormuz
Au compte-goutte. Les données communiquées par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) font état d’un transport maritime via le détroit d’Ormuz qui s’est effondré de près de 95 % depuis le début de la crise. Une part non négligeable des flux mondiaux d’engrais s’en trouve bouleversée, ajoutant aux difficultés liées d’accès aux énergies fossiles.
Le transit dans ce goulot d’étranglement du commerce mondial a chuté ces dernières semaines, passant de 103 navires au cours de la dernière semaine de février à un volume qu’on peut compter à l’aide de ses dix doigts. Le canal de transmission à la sécurité alimentaire s’opère via le gaz naturel, intrant essentiel pour la fabrication de divers engrais azotés – notamment l’urée et l’ammoniac. La crise en cours renchérit le coût du gaz et le rend plus difficile à obtenir, engendrant en conséquence une hausse des coûts de production des différents engrais.
Cascade
Les effets ne sont cependant pas homogènes. Du côté de l’organe des Nations unies, on explique que pour l’heure les « prix des engrais azotés ont nettement augmenté, tandis que les engrais phosphatés ont connu une hausse plus modérée mais notable ». Un problème s’ajoute néanmoins avec une région qui est par ailleurs un « producteur majeur d’intrants essentiels comme le soufre, utilisé dans les engrais phosphatés », en plus d’être un nœud essentiel du commerce mondial d’engrais. Près d’un tiers des volumes mondiaux d’engrais maritimes transitait auparavant par le détroit.
Les chiffrages les plus précis font état de volumes exportés avant le début du conflit par les pays de la région qui étaient de l’ordre de « 13 % des exportations mondiales de nutriments azotés et 9 % de celles des nutriments phosphatés ». Les liens étroits entre perturbation des flux énergétiques et d’engrais pénalisent logiquement en premier lieu les mêmes pays essentiellement en Asie. Des grands producteurs tels que le Brésil ou l’Inde souffrent ainsi de voir leurs circuits classiques d’approvisionnement se tarir. Par effet de domino les flux à destination de nombreux pays souffrent également et ce majoritairement en Afrique (Soudan, Tanzanie ou encore Somalie ne sont pas épargnés). La Cnuced s’inquiète pour ces États, considérant qu’ils disposent pour l’essentiel de « marges budgétaires étroites, de déséquilibres extérieurs et d’un accès limité au financement, réduisant leur capacité à faire face à la montée des coûts ».
Addition
Dans leur malheur, les armateurs ajoutent aux problèmes de ces différents importateurs avec des « coûts supplémentaires de transport et d’assurance [qui] se répercutent sur les prix des engrais et, par conséquent, sur la production agricole et les exportations ». L’approvisionnement alimentaire en bout de chaîne est en péril, d’autant plus que l’incertitude est totale pour l’heure sur la durée de la crise. Ole Hansen, Head of Commodity Strategy chez Saxo Banque, redoute également « qu’une perturbation prolongée risque de réduire les semis, de réduire l’utilisation d’engrais et, en fin de compte, [implique] de faibles rendements mondiaux des cultures ».
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