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La sécurité de l’approvisionnement en gaz en sursis / Les marchés mondiaux devraient demeurer tendus cette année
Il faudra prendre son mal en patience avant de constater une détente sur le marché du gaz. C’est le constat dressé par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) lors de son rapport trimestriel dédié à cette source d’énergie. Il faut dire que la demande se porte pour le mieux, ce qui est attribué à la bonne santé d’une partie du continent asiatique. De quoi la placer "bien au-dessus du taux de croissance moyen de 2 % enregistré entre 2010 et 2020", argue l’institution.
Une situation qui fait dire à Keisuke Sadamori, directeur des marchés de l'énergie et de la sécurité de l'AIE, que bien que les fondamentaux du marché du gaz soient devenus meilleurs en 2024, il n’en demeure pas moins que ses équipes constatent "un resserrement important en raison de la demande croissante et de la croissance modérée de la capacité de GNL". Pour ne rien arranger à ce tableau, il considère que l’incertitude géopolitique demeure un facteur de risque supplémentaire.
Attendre
La situation ne devrait pas changer dans un avenir proche, les mêmes moteurs devraient continuer à opérer en 2025 et il est ainsi avancé que l’Asie devrait "représenter plus de la moitié de la hausse de la demande mondiale de gaz" bien que cette dernière doive ralentir à moins de 2 % cette année. L’AIE prévient qu’il faudra attendre " l'arrivée d'une vague de nouvelles capacités d'exportation de GNL, menée par les États-Unis et le Qatar, qui devrait être mise en service au cours de la seconde moitié de cette décennie" avant d’observer une dynamique qui diffère.
Il est pour l’heure considéré que le bilan gazier mondial reste fragile, ce qui pousse les équipes de Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, à souligner "la nécessité d'une plus grande coopération internationale pour renforcer la sécurité de l'approvisionnement en gaz". Le rééquilibrage du marché à la suite du choc d’offre associé à l’invasion de l’Ukraine par la Russie étant toujours en cours.
Vieille Europe
L’actualité récente et l'arrêt du transit du gaz russe par gazoduc via l'Ukraine, depuis le début de l’année, est également commenté et considéré comme ne posant "pas de risque imminent pour la sécurité de l'approvisionnement de l'Union européenne ". Cet évènement pourrait bien néanmoins jouer sur les besoins européens en termes d’importations de Gaz naturel liquéfié et in fine peser sur les cours cette année.
Un sujet qui sera sans nul doute sur la table lors du sommet qu’organise l’AIE en avril 2025 avec comme thème l'avenir de la sécurité énergétique. Organisé avec le gouvernement britannique, il est prévu que soient abordés les risques traditionnels et ceux émergents liés à la question.
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