Feuilleton de l'été / ALMA / Block / Square / IPO
Feuilleton de l'été
ALMA / Block / Square / IPO
Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain /
Stéphanie Combe, responsable finance chez Alma
Un voyage outre-Atlantique que Stéphanie Combe ne regrette pour rien au monde. Aujourd’hui revenue dans l’Hexagone, celle qui est désormais la responsable finance chez Alma y a en effet passé presque 6 ans. Ils furent consacrés à œuvrer chez la fintech Square – désormais appelé Block -, qu’elle a rejoint 3 mois après son introduction en Bourse. Une arrivée dans une structure qui, confie-t-elle à WanSquare, « était une grosse scale-up. On était une dizaine en finance et stratégie, alors que l’entreprise valait déjà plusieurs milliards de dollars ; il restait énormément à structurer et à construire. »
Une traversée de l’Atlantique qui doit alors beaucoup à une opportunité professionnelle pour son conjoint, à laquelle elle a réagi en « me disant qu’il fallait saisir l’opportunité qui se présentait et prendre le temps de lever la tête. Je l’avais assez peu fait depuis la prépa et c’était le bon moment pour aller à l’étranger. » Elle découvre alors San Francisco et ses alentours, ainsi que la présence d’une communauté française conséquente. Elle ne met que quelques mois à se faire à cette nouvelle vie et à être embauchée chez Square. Un métier qu’elle était loin de s’imaginer exercer lorsqu’elle emprunte la voie « classique » d’une classe prépa puis d’une école de commerce – à l’EM Lyon – où elle découvre la finance d’entreprise et sent alors que c’est une carrière dans ce secteur qui l’intéresse.
Évidence
Au moment de s’envoler pour les États-Unis, elle referme la page de six ans chez Bain & Company. Un temps passé à faire ses armes, dont elle considère avoir « beaucoup appris sur le fond, sur une certaine manière de travail et une rigueur qui me servent encore aujourd’hui ». Une fois le pied posé sur le sol américain et digéré l’environnement, elle saisit cette opportunité chez Square. L’ancienne du monde du conseil explique avoir « choisi d’y aller pour de nombreuses raisons, les plus importantes étant la vision de ce qu’ils voulaient construire, leur éthique et le calibre des gens avec qui j’allais travailler. » À l’écouter, le respect des équipes était fort tout comme le niveau d’exigence et de qualité. Des valeurs qui la marquent durablement que ce soit dans la manière de travailler ou dans la capacité à prendre du recul. Chez ce champion naissant des paiements pour les commerces, elle a la chance d’apprendre aux côtés de Sarah Friar - la chief financial officer de l’époque chez Square – laquelle a depuis œuvré chez Nextdoor puis OpenAI.
Elle apprécie tout particulièrement de vivre ce qu’elle qualifie « d’années fastes : ça a été un apprentissage sur le fond. J’ai pu me forger mes convictions sur les sujets qui comptent vraiment : ce qui rend une équipe finance impactante et attractive, comment on identifie et on fait grandir les talents, et surtout comment fonctionnent réellement les boîtes en hypercroissance. » Tout particulièrement dans ce qui est essentiel pour rendre une équipe attractive, parvenir à identifier les talents. Stéphanie Combe est également marquée « par la capacité à faire confiance aux gens et à leur donner leur chance que l’on retrouve beaucoup aux États-Unis. Je continue à essayer de m’inscrire dans cette mentalité. » Une expérience précieuse qui l’inspire au quotidien chez Alma, où les performances review tous les six mois tiennent de cette époque.
Retour aux sources
Cette aventure va cependant être frappée de plein fouet par le Covid, une pandémie qui va marquer un coup d’arrêt puisqu’elle nous confie « qu’on a beau ne pas avoir eu de confinement, on a travaillé chez soi plus de deux ans à compter de janvier 2019. L’environnement a changé, impacté par le télétravail forcé ; dans les dynamiques de vie, il n’y avait plus de restaurants, tous les endroits pour se retrouver étaient fermés et plus de collègues à croiser au quotidien ». Pour celle qui a besoin de se rendre sur site au quotidien l’équilibre n’est plus bon, d’autant plus qu’il faut garder les enfants à la maison pendant de longs mois et que le coût de la vie demeure très élevé en Californie. La fin d’un cycle alors que paradoxalement Square explose en Bourse, alors même que le sous-jacent de l’entreprise est sur le paiement.
Le choix est alors fait de rentrer en France, elle y est agréablement surprise de l’écosystème français que ce soit en termes d’éthique ou de croissance. Elle croise alors un camarade d’une autre vie chez Bain qui est entre-temps devenu un des cofondateurs d’Alma. Un spécialiste du paiement fractionné qui n’avait alors pas d’équipe finance ou très peu, dès qu’elle revient des États-Unis ils reprennent contact et il la « convainc vite par la thèse de l’entreprise, ses valeurs et une façon de faire de la finance de façon respectueuse sans frais cachés. » Elle retrouve alors une situation quelque peu similaire à celle de son arrivée chez Square, celle d’une scale-up.
Construire
Elle est cependant davantage au clair sur ce qu’elle peut apporter à l’entreprise et ne regrette pas d’avoir décliné la proposition de Square d’aller développer l’activité en France. Elle choisit alors d’aller chez Alma, où elle débarque en pleine série C et où on lui donne tout de suite les moyens de construire une équipe performante.
Elle peut alors mettre à profit la sérénité dans la prise de risque acquise outre-Atlantique, elle doit s’attacher à faire « passer l’entreprise d’une logique de volume à une logique de marge. Les personnes déjà présentes embarquent dans l’aventure. On a alors besoin de lever des fonds non pas pour se refinancer mais pour suivre le rythme de croissance et signer des gros deals avec les banques. » Le temps passe depuis cette arrivée à la toute fin de l’année 2021 et la responsable finance est fière de voir Alma être de plus en plus reconnue pour promouvoir une finance responsable. L’ambition désormais est « de continuer de prouver qu’on peut construire une entreprise rentable tout en portant une vision responsable de la finance ». Une tâche dans laquelle les équipes sont confortées par une croissance qui « surpasse nettement celles des coûts, alors même que nous ne disposons de 15 à 20 % de revenus en moins que nos concurrents puisqu’Alma ne facture pas de frais de retard. » Et aujourd’hui, Alma n’a plus besoin de lever des fonds pour soutenir sa croissance.
Tisser
Pas question de s’arrêter en si bon chemin, Stéphanie Combe nous exposant que « la rentabilité est une étape symbolique, Alma n’est qu’au début de l’aventure. Nous avons un positionnement solide et nous continuons à faire évoluer notre offre pour pouvoir l’adapter et la déployer dans d’autres pays. » On devine que celle qui déclare être autant enthousiasmée en France qu’aux États-Unis, a trouvé sa voie. L’ancienne de chez Square encourage d’ailleurs à aller se confronter à d’autres environnements, une façon d’apprendre avant de revenir en France et elle demeure persuadée qu’il y a « une vraie proposition de valeur dans le fait de revenir en France, avec aujourd’hui énormément d’opportunités intéressantes que ce soit chez Alma ou ailleurs. »
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