WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
épargne; croissance; Moscovici

Macro-économie / Taux / AlixPartners / consommation / France

Macro-économie / Taux
AlixPartners / consommation / France

La consommation des ménages attendue au tournant en 2026 / Un regain de forme serait salutaire pour la croissance

Qu’il s’agisse de la Banque de France ou du gouvernement, le scénario d’une amélioration de la consommation des ménages est espéré ces derniers mois. Il faut dire qu’avec une croissance du PIB qui sera vraisemblablement proche de 1 % en 2026, la moindre bonne nouvelle est appréciable. La dernière édition en date du Global Consumer Outlook produit par le cabinet de conseil en stratégie AlixPartners n’incite guère à l’optimisme.
Supermarché. Photo by Serge Tenani / Hans Lucas via AFP
Supermarché. Photo by Serge Tenani / Hans Lucas via AFP

Les Français n’ont décidément pas le moral. Après Ipsos qui se faisait l’écho du fait que 56 % d’entre eux anticipaient une récession, voilà qu’AlixPartners abonde en ce sens. Le spécialiste du conseil dévoile plusieurs indicateurs pour le moins inquiétants ; il est notamment question du fait que la France affiche un score de - 33 points nets d’intentions d’achat en 2026 – expliqué comme étant la différence entre les intentions de dépenser plus et celles de dépenser moins qu’en 2025.

Un résultat qui est le pire parmi les neuf pays étudiés – parmi lesquels on compte la Chine, l’Allemagne ou encore les Etats-Unis, le constat n’est certes pas nouveau, pourtant il n’incite guère à l’optimisme quant à la réalité du retour de la consommation. Pour l’heure, les dépenses alimentaires seraient épargnées par les Français, ces derniers étant plus enclins à porter l’effort ailleurs. Chez AlixPartners on explique que les intentions d’achat "s’effondrent dans de nombreuses catégories : -55 points pour l’électronique grand public, -52 pour les articles de sport, -46 pour l’équipement de la maison, -45 pour les jouets et les livres".

 

Réorganiser

 

Un changement d’habitude de consommation qu’essaie de décrypter Oliver Salomon, Partner & Managing Director chez AlixPartners, ce dernier faisant valoir que "les Français s’organisent pour maintenir leur niveau de consommation alimentaire en payant le moins cher possible, notamment en planifiant en fonction des campagnes de promotions." C’est donc fort logiquement que les contraintes économiques sont évoquées à 71 % pour expliquer ces nouvelles pratiques, bien devant l’écologie ou encore la réallocation à d’autres pans du budget.

Réalisée durant le mois de décembre, cette étude insiste également sur la très forte proportion des consommateurs – 57 % - ayant prévu d’attendre les événements affichant de fortes promotions pour effectuer leurs achats en vue des fêtes. Un indice de plus de la prudence des Français face à l’instabilité récente et l’érosion ressentie de leur pouvoir d’achat. Olivier Garnier, chef économiste et directeur général de la Banque de France, en charge des statistiques, des études et de l’international, avait quant à lui récemment souligné que l’ensemble des ménages de la zone euro avaient du mal à observer la réalité de l’inflation et pouvait facilement en surestimer l’impact.

 

Gagnant

 

En octobre on avait pu voir Pierre Moscovici profiter de l’avis rendu par le Haut Conseil des finances publiques sur les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour l’année 2026 pour alerter sur une "reprise de la demande intérieure privée dont l’ampleur paraît volontariste au regard du climat général d’incertitude, en particulier pour l’investissement des entreprises et dans une certaine mesure la demande des ménages". Les gagnants d’un retour de l’optimisme ne seraient pas forcément ceux qu’on attendrait spontanément.

Chez AlixPartners on explique que "les distributeurs doivent prendre conscience d’une bascule dans les comportements d’achat, typique d’une période de forte anxiété", ce serait près de 33 % des consommateurs français qui "investiraient dans les voyages et 32 % dans leur épargne si leur pouvoir d’achat venait à augmenter, loin devant l’alimentaire (15 %), le non-alimentaire (8 %), et la restauration (5 %)". Le taux d’épargne particulièrement élevé des tricolores aurait peut-être encore de beaux jours devant lui.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article