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Macro-économie / Taux / INSEE / consommation

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L’économie française fait du surplace / Un phénomène davantage technique que lié à la guerre en Iran

Contrairement à ce qu’escomptaient les prévisionnistes, le Produit intérieur brut (PIB) de l’Hexagone a stagné au premier trimestre. Les retombées de la crise énergétique paraissent avoir joué un rôle mineur dans le recul de la consommation des ménages et de l’investissement.
Roland Lescure, ministre de l'Economie et des Finances - Photo par ADNAN FARZAT / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Roland Lescure, ministre de l'Economie et des Finances - Photo par ADNAN FARZAT / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

L’économie française déçoit en ce début d’année. Le Produit intérieur brut (PIB) en volume a stagné lors du premier trimestre, montrent les données de l’Insee. En mars, l’institut statistique est de ceux qui disaient s'attendre à une hausse de 0,2 % de cet agrégat. Les conséquences de la crise énergétique au Moyen-Orient se seraient-elles fait sentir plus férocement qu’escompté ? Ce n’est pas ce que les chiffres publiés ce matin semblent révéler.

D’une part, la formation brute de capital fixe a reculé (-0,4 %) en lien avec une chute de l’investissement en construction plus forte qu’attendue (-1,5 %) pour des raisons complètement domestiques. « Cette diminution concerne l’ensemble des acteurs économiques, qu’il s’agisse des administrations publiques, des ménages ou des entreprises. La baisse apparaît particulièrement marquée dans les travaux publics. Cette dynamique suggère un possible effet de cycle électoral : les investissements auraient été plus soutenus en fin d’année précédente, avant de se contracter au premier trimestre », explique à WanSquare Marie Leclair, cheffe du département des comptes nationaux de l’Insee.

D’autre part, les dépenses de consommation des ménages ont également baissé (-0,1 %) quand l’Insee s’attendait à une hausse. Là encore, la crise énergétique, déclenchée fin février, ne semble pas avoir joué un rôle majeur. Si la consommation de produits pétroliers (-2,3 %) a diminué, il s’agirait davantage d’un effet technique. « C’est un effet de contrecoup : en décembre, la consommation avait été particulièrement élevée en raison d’offres promotionnelles sur les carburants, ce qui entraîne mécaniquement une diminution en début d’année. Sur le seul mois de mars, deux effets opposés semblent s’être compensés, entre un comportement de précaution pouvant conduire à un surcroît temporaire de consommation, et un retour à la normale par la suite », souligne Marie Leclair.

L’examen des autres composantes de la consommation confirme que les effets directs de la guerre restent limités. « La baisse de la consommation d’électricité et de gaz s’explique principalement par des conditions climatiques spécifiques. La diminution des services de transport est, quant à elle, surtout liée à un recul du transport ferroviaire », explique l’économiste. A noter que si la consommation de services de transport aérien apparaît en hausse sur le trimestre, un léger repli est observé au mois de mars qui pourrait être lié à la guerre.

La contre-performance française au cours des trois premiers mois de l’année contrarie les plans du gouvernement en matière de redressement des finances publiques. L’acquis de croissance à l’issue du premier trimestre, c’est-à-dire la croissance qu’afficherait le PIB en 2026 en cas de stabilisation de son niveau aux deuxième, troisième et quatrième trimestres, s’élève à 0,5 %. Le gouvernement anticipe une hausse de 0,9 % du PIB cette année. De sorte qu’il faudrait qu’il progresse en moyenne de 0,2 % aux deuxième, troisième et quatrième trimestres pour atteindre cet objectif.

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