WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
ménages; villes; différence

Macro-économie / Taux / Chine / Immobilier / consommation

Macro-économie / Taux
Chine / Immobilier / consommation

Les prix de l’immobilier ont des effets largement hétérogènes en Chine / La consommation au sein des grandes villes n’y est pas insensible

Un effet richesse lié aux logements qui est bien différent selon la ville de Chine dans laquelle on se place. Plusieurs économistes, pour partie rattachés à la BIS, expliquent que les villes de petites tailles ne bénéficient pas du surcroît de consommation - 1.6 % pour une hausse de 10 % - enregistrée dans les villes de plus grande taille.
Ville en Chine. Photo by Zhao Qirui / CFoto / CFOTO via AFP
Ville en Chine. Photo by Zhao Qirui / CFoto / CFOTO via AFP

Une Chine à deux vitesses. Pour remédier aux faiblesses des données de consommation traditionnelles - essentiellement des enquêtes présentant un certain nombre d’erreurs de mesure - un groupe d’économistes a choisi de recourir à une autre méthode. Ils ont en effet fait le choix d’utiliser l’un des plus grands ensembles de données de paiement - Alipay - pour suivre les dépenses de consommation des ménages chinois entre janvier 2017 et avril 2023.

Les analyses menées par les soins des quatre spécialistes - rattachés pour moitié à la Banque des règlements internationaux - constatent que les changements de prix n’ont pas les mêmes effets suivant qu’ils se produisent dans de petites villes (dites niveau 3 et 4) ou dans des villes plus importantes (dites de niveau 1 et 2). Ces dernières voient en effet qu'une augmentation de 10 % des prix de l’immobilier y a pour conséquence une augmentation de 1,6 % de la consommation. Une relation qui n’est pas observée dans les petites villes, expliquent les auteurs.

 

Diverger


Une différence qui trouve peut-être sa source dans la composition de la population, les données démontrant que "les effets de la richesse du logement sont plus prononcés chez les ménages plus âgés et les propriétaires, alors que les locataires ne présentent pas un tel effet". Les villes de tailles modestes verraient quant à elles la hausse des prix des logements "sembler augmenter la consommation des jeunes ménages". Des explications d’autant plus lourdes de sens que depuis plusieurs années - depuis 2021 - le marché de l’immobilier chinois s’est enrayé. Les économistes expliquant que depuis ont été "soulevées des inquiétudes quant au potentiel d’une spirale de déflation de la dette".

Alors que la demande intérieure bat de l’aile en Chine, entraînant un excédent commercial record suite à la baisse associée des importations, les liens entre l’activité économique et le marché du logement sont scrutés de près. Cette estimation des effets de la richesse du logement sur la consommation à l’aide de nouvelles données au niveau des ménages offre ainsi un nouvel outil précieux pour mieux comprendre la transmission de cette crise sectorielle à l’ensemble de l’économie.

Reste à savoir si le phénomène s’étant produit entre 2015 et 2021, consistant en une hausse simultanée et conséquente tant du prix des maisons que de la dette des ménages en Chine peut encore se reproduire à l’avenir. Pour l’heure, le poids des actifs immobiliers - principalement des résidences principales - demeure une part substantielle du patrimoine des ménages chinois et la moindre variation de celui-ci ne manquera pas d’avoir des répercussions. D’autant plus que ceux-ci sont particulièrement enclins à épargner - notamment de l’or - pour faire face aux imprévus.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article