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Start-up / Private Equity / Private equity / IPEM / Antoine Colson / Nicolas Beaugrand / AlixPartners

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Private equity / IPEM / Antoine Colson / Nicolas Beaugrand / AlixPartners

IPEM 2026 : le grand déplacement des allocations / Plus de 110 milliards d’euros à déployer, mais autrement

Le private equity entre dans une phase de réallocation plus marquée, entre recherche de rendement, montée du mid-market, diversification des stratégies et pression accrue sur la création de valeur. Autant de sujets qui devraient dominer les discussions de l’IPEM Global, du 8 au 10 septembre à Paris.
Antoine Colson, CEO de l’IPEM, aux côtés de Nicolas Beaugrand, Partner et Managing Director d’AlixPartners.
Antoine Colson, CEO de l’IPEM, aux côtés de Nicolas Beaugrand, Partner et Managing Director d’AlixPartners.

« Les investisseurs fuient le secteur de l’IT et de la tech, mais ne fuient pas la technologie. » Ce paradoxe résumé par Nicolas Beaugrand, Partner et Managing Director d’AlixPartners, est l’un des enseignements les plus marquants de l’édition 2027 du rapport annuel sur les tendances d’allocation et de levée de fonds publié conjointement par l’IPEM et le cabinet de conseil. L’étude est dévoilée à l’occasion de l’IPEM Global, qui se tient cette semaine au Palais des Congrès de Paris et s’annonce comme la plus grande édition jamais organisée par la franchise, avec plus de 6 000 inscrits venus de 80 pays.

Dans le private equity traditionnel, la technologie et les logiciels chutent de la première à la dernière place des huit secteurs étudiés : seuls 28 % des LP les citent désormais comme une priorité, contre 85 % un an plus tôt. Un décrochage qui reflète les interrogations suscitées par la disruption du software par l’IA. Mais cette dernière ne détourne pas les investisseurs de la technologie : l’intelligence artificielle conserve la première place parmi les technologies recherchées, citée par 78 % d’entre eux.


Le mid-market au cœur de la recherche d’alpha


Les LP abordent 2027 avec davantage de capitaux à déployer : les plus de 700 participants à l’étude, représentant plus de 500 institutions LP présentes à l’IPEM Global, déclarent plus de 110 milliards d’euros d’intentions d’allocation au cours des douze prochains mois. Ils le font toutefois avec la conviction que les rendements du private equity seront moins faciles à obtenir. « Les LPs ne restent pas attentistes : ils s’adaptent à ce nouvel environnement », explique Nicolas Beaugrand.

Cette nouvelle donne se traduit par une gestion beaucoup plus active des portefeuilles. « Avant, le re-up était presque automatique et l’allocation assez passive. Aujourd’hui, les LPs pilotent beaucoup plus activement leurs programmes, notamment grâce au marché secondaire », observe pour sa part Antoine Colson, directeur général de l’IPEM.

Le premier bénéficiaire est le mid-market. Les fonds compris entre 500 millions et 2 milliards d’euros sont recherchés par 83 % des LP et ceux de 100 à 500 millions par 70 %, cinq points de plus que l’an dernier. « Le mid-market offre davantage de diversité et de potentiel de création de valeur », poursuit Nicolas Beaugrand. A l’inverse, les méga-fonds de plus de 10 milliards ne sont recherchés que par 17 % des investisseurs. Dans le même mouvement de recherche d’alpha, les LP manifestent un intérêt accru pour de nouvelles équipes : 88 % des LP se disent ouverts aux emerging managers levant leurs trois premiers fonds.


Les real assets gagnent du terrain


Les arbitrages des LPs se déplacent aussi entre les grandes stratégies d’investissement. La part du private equity dans les intentions d’allocation recule de 38 % à 31 %. « Depuis que nous réalisons cette étude, nous n’avions jamais observé un mouvement aussi fort dans les intentions d’allocation des LPs », relève Nicolas Beaugrand. Les real assets progressent dans le même temps de 18 % à 20 %. « Les LPs y recherchent davantage de robustesse et de résilience », ajoute-t-il à propos de ces actifs, notamment les infrastructures, susceptibles d’offrir des cash-flows plus prévisibles et une protection contre l’inflation. Le rapport fait également apparaître une diversification vers le financement direct ou des stratégies plus spécialisées.


L’IA au cœur des nouveaux arbitrages


Dans le buyout, l’IA bouleverse les préférences sectorielles. L’incertitude sur les modèles économiques du software pousse les investisseurs vers des secteurs plus traditionnels, avec la santé en tête des préférences devant l’industrie et les matériaux puis les services aux entreprises. L’enjeu est désormais d’y capter les gains de productivité permis par l’IA. « Il faut investir dans l’IA, mais aussi l’utiliser dans tous les secteurs pour créer de la valeur, en transformant, en accélérant et en automatisant », explique Nicolas Beaugrand. Le venture retrouve dans le même temps des couleurs, 47 % des LP déclarant désormais rechercher une exposition à cette classe d’actifs contre 32 % l’an dernier, même si son poids dans les intentions d’allocation reste stable à 17 %. Les stratégies late stage et growth sont particulièrement recherchées.

En parallèle, les attentes envers les gérants se renforcent. La régularité des rendements arrive en tête de leurs critères de sélection, devant la performance absolue et l’approche de création de valeur. « L’alpha recherché doit être réel et durable, pas relever du financial engineering : les fonds doivent démontrer leur capacité à créer de la valeur dans leurs participations », insiste Antoine Colson. Une exigence déjà au cœur de l’étude l’an dernier, lorsque l’IPEM et AlixPartners soulignaient le poids croissant de l’amélioration opérationnelle dans la performance, mais qui se durcit encore dans un cycle de rendements plus faibles. « L’ère des multiples et de la croissance facile est derrière nous. Il faut désormais piloter au quotidien la création de valeur », abonde Nicolas Beaugrand.

Sur le front des levées, cette sélectivité accrue pèse sur les délais. Alors que 86 % des GPs prévoient de lever dans les douze prochains mois, seuls 27 % de ceux ayant donné une échéance de premier closing l’anticipent sur cette période, contre 32 % l’an dernier. La part des GPs encore en levée dont le premier closing remonte à 12 à 18 mois progresse elle aussi, de 25 % à 30 %. « Les délais de levée restent longs et continuent même de s’allonger », observe Nicolas Beaugrand.

L'étude complète et détaillée sera présentée par les deux hommes le mercredi 9 septembre, de 11h20 à 11h50, en Plenary Room, lors de la session « Allocator outlook : where capital moves in 2027 ».

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