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Macro-économie / Taux

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La Banque de France prévoit plus de croissance d’ici à 2027 / Surprises conjoncturelles, commerce extérieur et finances publiques au cœur des prévisions

La Banque centrale hexagonale a relevé légèrement ses prévisions de croissance pour 2025 et 2026, en lien avec plusieurs surprises favorables sur l’activité, un commerce extérieur plus dynamique et des hypothèses financières et énergétiques mieux orientées. Si le scénario s’améliore à court terme, l’institution note néanmoins des fragilités persistantes liées aux choix budgétaires et aux incertitudes économiques.
Paris  - Nese Ari / ANADOLU / Anadolu via AFP
Paris - Nese Ari / ANADOLU / Anadolu via AFP

La trajectoire s’améliore, sans se transformer. Dans ses nouvelles projections, la Banque de France revoit à la hausse ses anticipations de croissance pour l’économie hexagonale, après une série de signaux plus favorables qu’attendu. L’institution souligne d’abord que la croissance du Produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre 2025 s’est élevée à 0,5 %, un niveau bien supérieur à ce qui était intégré dans sa prévision de septembre, un écart qui modifie sensiblement le profil de l’activité en glissement annuel.

Selon la dernière enquête de conjoncture de la Banque centrale, le PIB progresserait encore de 0,2 % au quatrième trimestre. Ces éléments la conduisent désormais à anticiper une croissance moyenne de 0,9 % en 2025, contre 0,7 % lors de ses précédentes prévisions. "Les chefs d’entreprise et les Français continuent à faire tourner l’économie, à créer malgré l’instabilité politique", a déclaré François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, sur France Inter.

En 2026, la croissance atteindrait 1 %, soit une révision à la hausse de 0,1 point par rapport à septembre. Le commerce extérieur contribuerait positivement à hauteur de 0,3 point, soutenu par les exportations du second semestre 2025. "L’incertitude induite par la politique commerciale américaine en 2025 pèserait moins sur la croissance en 2026", juge la Banque de France, sous réserve que les accords bilatéraux conclus ne soient pas remis en cause. La consommation des ménages "progresserait à un rythme plus soutenu qu’en 2025", portée par la masse salariale réelle, tandis que l’investissement des entreprises amorcerait un redressement après une année pénalisée par l’incertitude.

À moyen terme, la Banque de France table sur une stabilisation de la croissance autour de 1 % en 2027 (-0,1 point), puis 1,1 % en 2028, "proche de son rythme potentiel". La demande intérieure resterait le principal moteur, le commerce extérieur apportant un soutien plus modéré. Ce scénario reste néanmoins conditionné à l’absence de résurgence de l’incertitude politique et budgétaire.

L’institution insiste en effet sur la persistance de chocs exogènes. L’impact direct des droits de douane américains resterait limité, à -0,1 point de PIB, concentré sur 2026. En revanche, "l’incertitude liée à la politique économique nationale coûterait selon nos estimations un peu plus de 0,2 point de PIB", affectant surtout la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Les hypothèses budgétaires pèseraient également sur la croissance en 2027, du fait d’un ajustement structurel plus marqué.

Sur le marché du travail, le diagnostic demeure prudent. "Le marché du travail plie mais ne rompt pas", résume la Banque de France. L’emploi total a légèrement progressé au troisième trimestre 2025, mais les créations restent modestes et inégalement réparties. À moyen terme, l’emploi continuerait d’augmenter lentement, avant une réaccélération limitée. Le taux de chômage atteindrait 7,8 % en 2026, avant de refluer à 7,4 % en 2028, une trajectoire qui intègre la suspension de la réforme des retraites.

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