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Macro-économie / Taux / Chine / Afrique / Donald Trump

Macro-économie / Taux
Chine / Afrique / Donald Trump

Le continent africain tente de minimiser l’impact des droits de douane américains / La Chine ne sera pas le palliatif à l’ensemble des dégâts provoqués

Un intérêt mutuel semble lier Pékin à l’Afrique ces derniers mois, leurs économies souffrant mutuellement de la politique commerciale déployée par Donald Trump. Celle-ci limitant drastiquement les débouchés pour les exportations chinoises tout en supprimant un accord offrant un accès préférentiel au marché américain à un grand nombre de pays africains. La Chine tente de minimiser ces désagréments en appliquant des mesures tarifaires préférentielles à destination du continent africain.
Les dirigeants africains arrivent à Pékin pour le Forum sur la coopération sino-africaine. Photo by POOL / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP
Les dirigeants africains arrivent à Pékin pour le Forum sur la coopération sino-africaine. Photo by POOL / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP

Une alliance de circonstance pour sortir la tête de l’eau. Les choix récents de Donald Trump rendent de moins en moins probable le renouvellement de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), lequel permet depuis un quart de siècle aux pays africains - adeptes de l’économie libérale - d’avoir un accès privilégié au marché américain. Malheureusement pour eux, il doit être renouvelé à la fin du mois, ce qui n’est pas gagné d’avance loin de là et a donné des idées à Pékin pour une action mutuellement avantageuse.

Spécialisé dans le conseil aux gouvernements, Global Sovereign Advisory (GSA) n’enterre par pour autant cet accord, néanmoins la tendance semble plutôt à son abrogation et ce qui conduirait à des "hausses de droits de douane [qui] vont donc entraîner une baisse des exportations des économies africaines vers les États-Unis ". Or cette opportunité a très vite été saisie par le président chinois Xi Jinping – dont l’économie a vu ses exportations vers les Etats-Unis chuter de 33 % en août en glissement annuel – comme pouvant être un débouché pour l’économie chinoise.

 

Vases communicants

 

Dès juin il a été mis en place une suppression des droits de douane sur les importations pour la cinquantaine de pays africains ayant des relations diplomatiques avec l’Empire du milieu. Les équipes de GSA expliquant que simultanément "les ventes chinoises vers le continent ont grimpé de 26 % sur un an en août, si bien qu’elles devraient dépasser pour la première fois 200 milliards de dollars cette année" signe que la Chine cherche à trouver de nouveaux débouchés pour remplacer ceux ayant disparu aux Etats-Unis.

Cette nouvelle donne n’est pour autant salvatrice avec une équation somme toute perdante qui prendrait la forme suivante : celle d’impacts néfaste liés à la hausse des droits de douane américains qui ne seraient pas compensés pour un grand nombre de pays par les effets positifs des mesures de libéralisation chinoises. Ces dernières bénéficiaient déjà à pas moins de 33 pays africains. Il apparaît ainsi d’après les calculs de GSA que sur le long terme, "seul le Zimbabwe affiche un effet combiné positif (+ 0,37 %), car il est très peu exposé à ses exportations vers les États-Unis. À l’inverse, pour la Côte d’Ivoire (-0,12 %) et la Namibie (-0,45 %), les gains tirés d’une baisse des droits de douane chinois ne suffisent plus à compenser les effets directs et indirects (via la Chine) des mesures commerciales annoncées par Donald Trump ".

 

Externalité

 

Changer de maître expose également à de nouveaux désagréments potentiels à l’avenir, notamment lorsqu’on sait que plusieurs pays africains sont déjà très largement dépendants de la Chine. La Guinée ne réalise déjà pas moins de 79 % de ses exportations à destination de l’Empire du milieu, la République démocratique du Congo n’est pas en reste avec 74 %, la Sierra Leone y expédiant quant à elle 64 % des siennes.

Sans compter que par ricochet une diminution des exportations chinoises - de l’ordre de 5,74 % - lié à la guerre commerciale en cours finirait par avoir comme conséquence une baisse des importations de biens intermédiaires – de près de 4,94 %. Les pays africains ne seraient pas épargnés et ce d’autant plus que la baisse de la consommation chinoise actuelle s’ajoute au phénomène. Les grands perdants seraient le Congo, le Gabon ou autre Afrique du Sud.

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