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Acier : plusieurs pays européens appellent à venir au secours de la filière / La clause de sauvegarde de 2019 serait insuffisante
Le temps presse pour la sidérurgie européenne. C’est le message que Marc Ferracci, ministre de l’Industrie et de l’Énergie, a souhaité faire passer ce matin, entouré d’Adolfo Urso Ministre italien des Entreprises et du Made in Italy et Jordi Hereu, ministre espagnol de l’Industrie et du Tourisme. La Belgique, le Luxembourg, la Roumanie et la Slovaquie ont également apporté leur concours lors de la réunion organisée à Bercy. "Nous avons souhaité nous réunir aujourd’hui parce que nous sommes à un moment extrêmement important pour l’Europe, pour l’industrie européenne et en particulier pour la filière de l’acier européen", a déclaré le Français.
C’est peu dire qu’elle est en difficulté. En cinq ans en Europe, la demande en acier a baissé de 25 %, notamment du fait d’un secteur de l’automobile qui est atone, mais aussi d’un secteur de la construction plus récemment qui est en panne. Ceci implique donc des baisses de demandes et derrière de production dans un contexte où au niveau mondial il y a des surcapacités.
D’après l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE), ces dernières représentent 275 % de la production européenne d’acier. Conséquence : le prix de l’acier s’effondre et avec lui la compétitivité de la filière du Vieux continent. Sur les douze derniers mois, cinq grands fourneaux (production d’acier primaire) ont fermé en Europe centrale. Des baisses de cadence ont été observées en Allemagne, en Roumanie, en Hongrie tandis que la plus grande aciérie tchèque a été déclarée en faillite.
"Si nous ne prenons pas des mesures fortes, le futur de la production d’acier en Europe sera profondément remis en question dans les toutes prochaines années", a alerté Marc Ferracci.
Il y a plusieurs années, la Commission européenne avait mis en place une clause de sauvegarde pour protéger le secteur. Pour mémoire, elle prévoit qu’au-delà d’un certain quota calculé sur la base des volumes d’acier entrant sur le marché européen en 2018, des droits de douane de 25 % soient appliqués. "Le marché s’est contracté très largement depuis et donc, les volumes qui avaient été calculés en 2018 correspondent aujourd’hui à une part beaucoup plus importante du marché", explique-t-on au cabinet de Marc Ferracci. "Il faut renforcer cette clause de sauvegarde en révisant le niveau des quotas qui avait été calibré en 2018. On va reprendre la même formule mais l’adapter au marché de 2025. C’est ce qu’on propose à la Commission ", indique-t-on.
Il convient de noter que les mesures de sauvegarde sur l’acier expireront en juin 2026 puisque leur prolongation n’est pas autorisée par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). De sorte qu’un nouveau mécanisme de défense de l’industrie sidérurgique devra prendre le relais, préviennent les ministres.
Leur réflexion a aussi porté sur la transition vers une production d’acier propre et compétitive. Ils plaident ainsi pour des mesures structurelles en vue de donner de la clarté aux sidérurgistes et favoriser la décarbonation. Ils appellent ainsi à garantir un coût de l’énergie compétitif au niveau de l’UE pour les entreprises des secteurs à forte consommation d’énergie exposées à la concurrence international, sécuriser l’accès aux matières premières tout en conservant les déchets d’acier au sein de l’UE, ainsi que créer un cadre pour la croissance des marchés pilotes pour les produits verts, en particulier du côté de la demande, par exemple par le biais des commandes publiques, où les exigences en matière de contenu local pourraient être analysées.
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