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Saint-Gobain / r&d / Saint-Gobain Research Paris
Saint-Gobain se donne les moyens de ses ambitions en R&D / Coup d'accélérateur sur son centre d'innovation historique
Avoir 360 ans en 2025 se fête, chez Saint-Gobain, en cultivant son histoire pour préparer la suite. Le géant des matériaux de construction a inauguré jeudi l’extension de son centre de recherche et développement (R&D) d’Aubervilliers, autrement appelé "Saint-Gobain Research Paris". "Notre longévité reflète notre capacité à se réinventer", a appuyé le président-directeur général du groupe, Benoit Bazin, lors de l’ouverture de l’évènement. Un évènement pour lequel la ministre chargée du Logement, Valérie Létard, avait d’ailleurs fait le déplacement – et ce malgré l’agenda politique rempli de la journée, au regard de la commission mixte paritaire sur le projet de loi de finances pour 2025 qui a débuté ce matin.
Un peu de contexte
Le nouveau bâtiment de 6 000 mètres carrés (forcément construit avec les matériaux du groupe) vient s’ajouter aux 20 000 d’entre eux qui existaient déjà auparavant. Un ensemble à la taille d’ampleur, néanmoins bien familier : le premier achat du site d’Aubervilliers remonte à 1866. Deux décennies plus tard, la construction du bâtiment historique débutait. De fil en aiguille, les activités de R&D de Saint-Gobain y ont été transférées, avant que cette société de recherche soit renommée tel qu’aujourd’hui en 2018 et que les derniers travaux débutent en 2023, lorsque l'industriel était présidé par Pierre-André de Chalendar, lui aussi présent lors de l’inauguration.
Cette dernière aile, reliée par une passerelle au bâtiment historique, comprend 13 laboratoires, qui sont essentiellement dédiés à la chimie de la construction. Un segment de marché porteur sur lequel Saint-Gobain a plus que doublé de taille au cours des trois dernières années et où il est particulièrement actif en matière d’acquisitions. Au total, Saint-Gobain Research Paris regroupe près de 500 collaborateurs de 30 nationalités différentes, dont 42 % de femmes. "90 % de nos 300 ingénieurs sont des doctorants", s’est aussi félicitée la directrice générale du centre (qui fait partie des huit à vocation transversale du groupe), Hélène Lannibois-Dréan. Résultat, sur les 450 brevets déposés par Saint-Gobain en 2023, 98 comprenaient un inventeur chercheur à Saint-Gobain Research Paris. Un quart des produits désormais vendus par le pensionnaire du CAC 40 n’existaient d’ailleurs pas il y a cinq ans.
Faire tourner le moteur
Cet écosystème dernier cri à Aubervilliers se voudra, comme il a pu l’être jusqu’ici, autant ouvert et collaboratif que possible. D’une part, Saint-Gobain veut capitaliser sur ses propres connaissances. Cela se traduit par la dizaine de thèses de doctorat qui y sont lancées par an, par des séminaires réguliers ou par des programmes de recherche exploratoire. D’autre part, le groupe compte aussi sur des partenariats pour faire prospérer l’innovation.
Cela se traduit par exemple dans le laboratoire conjoint de Saint-Gobain et du CNRS, également implanté à Aubervilliers. Mais aussi dans les quarante collaborations françaises et internationales qui ont été mises en place avec des acteurs académiques, des start-ups, des industriels, dans les chaires universitaires françaises auxquelles le groupe participe (à Polytechnique, aux Ponts Paris Tech, entre autres), ou bien encore dans les projets européens dans lesquels la compagnie est imbriquée, comme le "Demonstrating Real and Affordable Sustainable Building Solutions with Top-level whole life cycle performance and Improved Circularity" (DRASTIC), supporté par l’Union européenne.
Et cette dynamique d’ensemble, Saint-Gobain s’attache à la soutenir. En tout, le groupe a consacré 600 millions d’euros d’investissements à la R&D en 2024, dont plus de la moitié a été injectée en France. "Nous avons quatre axes prioritaires en matière d’innovation", a ensuite détaillé Benoit Bazin : les procédés et les solutions pour une transition vers la neutralité carbone, les systèmes de construction légère en faveur de la performance et du bien-être, le développement de la circularité et l’invention de matériaux de rupture permettant d’aller conquérir de nouveaux marchés. Avec toujours le même objectif à la clé, soit d’être le leader de la construction durable.
Rendre vert ce qui ne l’est pas
Il faut dire que l’impact négatif du secteur sur la planète n’est pas à prouver. La construction est à l'origine de 40 % des tonnes de CO2 émises dans le monde. Et rien qu’en France, 40 % (également) de l’énergie consommée provient des bâtiments publics et privés. Autant dire que s’il y a urgence à agir en la matière, les marges de progression restent aussi, de leur côté, immenses. De quoi pousser Saint-Gobain à s’attaquer à quelques grands problèmes grâce à l’innovation.
Prenons l’exemple du verre. Le matériau a une empreinte carbone significative lors de sa construction. S’il est d'abord fait de sable, certaines matières premières lui sont aussi ajoutées. Sa composition représente un tiers de ses émissions de CO2. Pour que cet ensemble se transforme en verre, il est par la suite chauffé dans un four à gaz à 1 500 degrés. Les deux tiers de l’empreinte carbone du matériau proviennent de l’énergie nécessaire à sa fabrication. Plusieurs leviers peuvent être utilisés pour réduire son ensemble. D’abord, le recyclage (une possibilité ouverte à l’infini). Ensuite, le remplacement de certaines matières premières par d’autres moins polluantes. Deux solutions déjà éprouvées par Saint-Gobain.
Reste donc le sujet de l’énergie. Les expérimentations menées chez Saint-Gobain Research Paris ont rendu possible la première production industrielle de verre plat avec 30 % d’hydrogène utilisé sur un four verrier du groupe pendant 5 jours, en mars 2023, en Allemagne. Une première mondiale ayant prouvé la faisabilité technique du projet. Autre option : électrifier les fours. En ce sens, Saint-Gobain s’est associé avec AGC sur un projet de R&D afin d’alimenter une ligne de production de verre imprimé, à moitié avec de l’électricité et à moitié avec une combinaison d’oxygène et de gaz. Les premiers tests ont été réalisés en 2023 et 2024 et la conception de ces lignes devrait être la plus faiblement émettrice de CO2 au monde.
De bon augure pour les objectifs de neutralité carbone de Saint-Gobain en 2050. "Pour nous, c’est demain", a pointé Benoit Bazin. Car le temps industriel a ses particularités, au regard de la longévité des outils de production et de l’horizon donc, très rapproché, au sein duquel les mises en place des pilotes de ceux qui seront utilisés en 2050 s’inscrivent.
Nul besoin de faire moins de croissance
Pas question, pour autant, de mettre la performance financière de côté. Ces dernières années, Saint-Gobain a très nettement réduit son intensité carbone : dans un euro de chiffre d’affaires en 2023, il y avait 44 % d’émissions de carbone de moins qu’en 2017. Et pourtant, la croissance a bien été au rendez-vous. Entre 2021 et 2023, elle s’est affichée à 6,4 % en moyenne, en interne et par année. "Nous développons des solutions pour les déployer dans l'industrie. L'innovation est un moteur stratégique", a relevé Benoit Bazin. "Elle n’est pas un problème. Elle répond à ceux de notre temps. Je voudrais rappeler ces mots dont je suis fier, qui ont été prononcés par notre dernier Prix Nobel de physique Alain Aspect, lorsqu’il était venu s’exprimer chez nous : 'Chez Saint-Gobain, il y a de la vraie science et de la vraie industrie'", a conclu le président-directeur général du groupe.
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