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Publications, Résultats / Saint-Gobain / construction / premier trimestre 2025 / Benoit Bazin / droits de douane

Publications, Résultats
Saint-Gobain / construction / premier trimestre 2025 / Benoit Bazin / droits de douane

La stratégie décentralisée de Saint-Gobain lui offre de quoi résister aux bouleversements géopolitiques / Des éclaircies sur les tendances de certains marchés

Le géant des matériaux de construction a enregistré une amélioration séquentielle de ses volumes au premier trimestre de 2025, tandis qu'ils sont même stabilisés à jours comparables. Des points de progrès sur les tendances de certains marchés - notamment en Europe - apparaissent également. Profitant de son accélération dans les régions à forte croissance et de son organisation locale instaurée il y a plusieurs années, Saint-Gobain confirme son objectif de délivrer une marge d’exploitation supérieure à 11 % en 2025.
(Photo by Philippe TURPIN / Photononstop / Photononstop via AFP)
(Photo by Philippe TURPIN / Photononstop / Photononstop via AFP)

Saint-Gobain peut compter sur son positionnement stratégique pour faire face aux vents contraires. Le chiffre d’affaires du géant des matériaux de construction a progressé de 3,2 % à données réelles au titre du premier trimestre de 2025, à 11,7 milliards d'euros. A données comparables, il s'inscrit en légère baisse de 0,3 %. Les prix ont rencontré une progression de 0,8 %, tandis que les volumes se sont même stabilisés à jours comparables : une nette amélioration séquentielle par rapport à la fin de l’année 2024, puisqu’ils s’étaient repliés de 2,6 % au quatrième trimestre.

Surtout, alors que le groupe évolue depuis quelque temps dans un environnement de marché défavorable (tout particulièrement en Europe), des progrès sur les tendances de certaines zones d’activité émergent. Une amélioration qui se dessine toutefois en fonction des régions rangées dans la catégorie "Europe" de Saint-Gobain puisqu’au total, l’activité est restée en recul de 2,2 % (à donnés comparables) sur les trois premiers mois de l’année, sous le poids d’un effet volume négatif de 1,7 %. En revanche, le ciel semble bel et bien commencer à s’éclaircir, puisque la baisse des volumes s’affichait à 3,3 % au quatrième trimestre de 2024.

Saint-Gobain observe d’ailleurs un début de stabilisation ou de reprise de la construction dans certains pays : le point bas, en France, a par exemple été atteint à la fin de l’année 2024. Si le groupe profite toujours de son exposition à la rénovation et de la valeur ajoutée de ses solutions les plus innovantes, il a aussi bénéficié d’une accélération de sa croissance en Europe du Nord. Elle s’y est affichée à 2 %, en raison de la hausse des volumes dans ses principaux pays d’activité. Et l’adoption, par l’Allemagne, d’un plan de relance massif représente une perspective positive dans le pays, mais aussi pour l’ensemble de l’Europe, précise Saint-Gobain.

 

Acquisitions judicieuses

 

La croissance de l’activité de Saint-Gobain en Asie-Pacifique et dans Amériques est quant à elle au rendez-vous. Dans la première région, elle est ressortie à près de 4 % en interne, portée par celle, à deux chiffres, enregistrée sur les volumes en Inde et compensant ainsi largement le recul affiché en Chine. Un pays où la compagnie n’hésite donc pas à se déployer plus encore, notamment grâce à ses acquisitions - elle avait, pour mémoire, mis la main sur Fosroc pour un milliard de dollars l’année dernière, un acteur de la chimie de construction particulièrement bien implanté en Inde et au Moyen-Orient.

Dans les Amériques, la hausse du chiffre d’affaires s’affiche, elle, à hauteur de 3 %. D’une part, en Amérique latine, elle est ressortie à près de 10 % : la conséquence d’un Brésil dynamique, d’une base de comparaison favorable et de certains gains de parts de marché dans la construction légère. Grâce à la finalisation de l’acquisition de Cemix au mois de janvier, Saint-Gobain a aussi profité d’un enrichissement de sa gamme d’offres et de solutions, de bon augure pour l’activité.

La preuve de l’efficacité de l’intégration des grandes acquisitions récentes réalisées par le groupe, à l’instar de celles de Cemix et Fosroc, donc, mais aussi de celles de CSR en Australie et Bailey au Canada. Toutes ensemble, elles ont généré un effet de périmètre de 3,9 % au titre du premier trimestre. "L’optimisation du profil du groupe s’est également poursuivie avec l’effet des cessions, en particulier l’activité de canalisation d’évacuation pour les bâtiments (PAM Building)", indique Saint-Gobain. Reste enfin l’Amérique du Nord, sujet brûlant en cette période de publications trimestrielles. La croissance de 1 % y a été tirée par les prix et une bonne tenue des volumes de rénovation, précise le groupe.

 

Un modèle plus que jamais d’actualité

 

Surtout, Saint-Gobain rappelle que son modèle économique local le protège de l’impact des tarifs douaniers, qui ne devraient donc pas pénaliser sur son activité outre mesure. Une manière pour le groupe de démontrer la pertinence de sa stratégie de décentralisation et d’organisation par pays, enclenchée il y a plusieurs années sous la houlette opérationnelle de Benoit Bazin et ayant été l’un des grands facteurs de la transformation de l'entreprise. "Dans un environnement macroéconomique contrasté et géopolitique incertain, qui requiert une régionalisation accrue, Saint-Gobain peut compter sur la force de son organisation décentralisée, pays par pays, et sur la contribution équilibrée de ses différentes zones géographiques. Grâce à ses chaînes de valeur locales – implantations industrielles, logistique, achats, marques, ventes et clients – le groupe est parfaitement positionné sur les marchés locaux de la construction, sans exposition directe aux barrières douanières", a ajouté le président-directeur général du groupe.

L’environnement macroéconomique reste contrasté, mais sauf ralentissement de la croissance mondiale lié aux bouleversements géopolitiques, Saint-Gobain anticipe certaines tendances claires. D’abord, en Europe, les marchés de la construction sont en cours de stabilisation et une reprise progressive, pays par pays, est attendue sur la deuxième partie de l’année. L’activité devrait se maintenir à bon niveau dans les Amériques et l’Asie-Pacifique devrait toujours bénéficier du dynamisme de l’Inde, de l’Asie du Sud-Est et de l’intégration de CSR en Australie.

Saint-Gobain, qui présentera une actualisation de son plan stratégique en octobre prochain, confirme ainsi viser une marge d’exploitation supérieure à 11 % en 2025. À la Bourse de Paris, la résistance du groupe à un environnement de marché défavorable, les perspectives de reprise de ce dernier et la visibilité tirée de son organisation régionale semblent en tout cas avoir emporté l’adhésion des opérateurs de marché. En fin de matinée, le titre du géant grimpe de plus de 4 %, figurant parmi les plus fortes hausses du CAC 40.

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