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Trump; USA; tarifs

Macro-économie / Taux / Dollar / dépreciation / droits de douane / liberation day

Macro-économie / Taux
Dollar / dépreciation / droits de douane / liberation day

Une dépréciation du dollar loin d’être surprenante / Les variations des rendements des bons du Trésor à long terme le sont davantage

Des évolutions qui étaient loin d’être toutes prévisibles au vu de l’histoire économique. Le Jour de la libération décrété par Donald Trump s’est certes accompagné d’une dépréciation du dollar plutôt logique. C’est également le cas pour la baisse des rendements des bons du Trésor à court terme, à l’inverse de ceux à long terme qui ont connu une flambée immédiate difficilement anticipable au vu des épisodes passés.
Dollar et Euro. dpa Picture-Alliance via AFP
Dollar et Euro. dpa Picture-Alliance via AFP

La première présidence de Donald Trump nous avait donné un avant-goût. Les droits de douane décrétés par le président américain ne font pas bon ménage avec un dollar fort. Le billet vert s’était déjà déprécié en 2018, un constat qu’attestent plusieurs chercheurs associés au Centre for Economic and Policy Research  (CEPR). Les données qu’ils exploitent permettant de remarquer plusieurs similitudes entre 2018 et la période récente.

A l’aide d’une analyse économétrique, il ressort de ces deux périodes qu’il faut retenir "que les annonces de droits de douane américains ne sont pas nécessairement associées à un renforcement du dollar américain. En réalité, une dépréciation est fréquente lorsque les marchés anticipent des représailles étrangères". Ce qui n’est pas nécessairement vu d’un mauvais œil par Donald Trump puisqu’un dollar relativement faible peut s’avérer positif pour sa volonté de réindustrialiser l’économie américaine.

 

Bras de fer

 

Néanmoins, il faut bien noter qu’à la différence de son premier passage à la Maison Blanche, cette fois-ci les mesures de rétorsion sont quasi-systématiques face aux choix de politique commerciale. Là où de 2018 à 2020 ce n’était le cas que 50% du temps, ce qui est loin de produire les mêmes effets sur le dollar et ce sans même parler des niveaux de tarifs bien plus élevés et du plus grand nombre de pays touchés.

Les membres du CEPR sont affirmatifs à ce sujet, en l’absence de représailles étrangères, le dollar américain est valorisé par les droits de douane américains. La situation actuelle fait néanmoins que face à une riposte à cette stratégie tarifaire, le dollar américain "se déprécie fortement, chutant jusqu'à 8 % par rapport à l'euro pour chaque point de pourcentage de droit de douane effectif américain ".

 

Déboulonné

 

Il serait pourtant quelque peu simpliste de penser que ces choix politiques seraient purement et simplement sans effet durable dès lors qu'ils seraient annulés. Il est ainsi argué que cette dépréciation du dollar et l'augmentation instantanée des rendements des obligations du Trésor américain à longue échéance qui l'accompagnent constituent un "choc de monnaie de réserve" qui se traduirait par  un changement durable  "dans la perception des investisseurs concernant la prime de sécurité traditionnellement associée aux actifs américains et au dollar américain".

C'est ce que les réactions des rendements obligataires américains à diverses échéances pourraient suggérer, étant donné qu'entre 2018 et 2020 une forte hausse des rendements à long terme n'était pas présente. Ce qui fut bel et bien le cas en 2025.

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