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L’euro demeure le petit poucet des stablecoins / Le dollar se taille la part du roi
Un actif dominant libellé dans une devise étrangère et distribué par des acteurs privés. Il ne fait aucun doute que ce cocktail ne peut que plaire très modérément sur le Vieux continent. C’est donc peu dire que les stablecoins sont scrutés avec attention par les autorités européennes. Pour rappel ces cryptomonnaies sont émises sur des registres distribués et visent à maintenir une valeur stable par rapport à un actif traditionnel, ce qui se caractérise bien souvent par un ancrage à une devise et dans la plupart le dollar américain.
De nombreuses personnalités européennes se sont fait les chantres des projets européens en la matière, à l’image d’un François Villeroy de Galhau particulièrement attaché au développement de l’euro numérique. Une opportunité que distingue également Jürgen Schaaf, conseiller auprès de la direction générale de l’infrastructure de marché et des paiements à la Banque centrale européenne depuis 2019, ce dernier reconnaissant les attraits multiples offerts par les stablecoins allant même jusqu’à dire qu’ils "peuvent être considérés comme un pont entre les actifs numériques volatils et les systèmes monétaires traditionnels".
Emparer
Un sujet dont le Vieux contient devrait d’autant plus considérer avec sérieux que l’attrait est réel, le spécialiste exposant que leur fonctionnement tel un "équivalent monétaire basé sur la blockchain, liquide, transférable à l’échelle mondiale et perçu comme une réserve de valeur stable et solide" est pour le moins novateur. Or pour l’heure ce ne sont pas des acteurs européens et encore moins public qui émettent la majorité des stablecoins, les initiatives y restant pour le moins balbutiantes.
Là où le Vieux continent avance pour le moins prudemment, les liens avec le secteur financier traditionnel s’étoffant au fur et à mesure que les risques de contagion vers celui-ci grandissent. Un danger pointé du doigt par la Banque des règlements internationaux, notamment en termes d’intégrité de la souveraineté monétaire ou encore de fuite des capitaux. Certains stablecoins ayant subi des variations conséquentes par rapport à leur parité dans un passé récent. Le véritable risque à en écouter Jürgen Schaaf est dans le cas où " les stablecoins en dollars américains se généralisaient dans la zone euro – que ce soit pour les paiements, l’épargne ou les règlements – le contrôle de la BCE sur les conditions monétaires pourrait s’en trouver affaibli".
L’ambition de l’autre côté de l’Atlantique, via le GENIUS Act, serait double avec à la fois la volonté de préserver la place dominante du billet vert et de diminuer les coûts d’emprunts. Les analystes de marché anticipent quant à eux que l’offre de stablecoins pourrait passer de 230 milliards de dollars en 2025 à 2 000 milliards de dollars d’ici fin 2028.
Baisser les bras
La bataille n’est pas perdue pour autant, même si l’Europe semble avancer diviser entre certains acteurs privés qui s’inquiètent des coûts associés à l’euro numérique et des autorités publiques promptes à soutenir le projet associé à la monnaie unique. Les initiatives privées n’ont pas encore dit leur dernier mot et ce même si la solution développée par l’Union européenne fait son bonhomme de chemin. De quoi amener Jürgen Schaaf à dessiner une sortie par le haut pour l’euro en s’appuyant sur triptyque composé d’une "réglementation rigoureuse, des investissements dans les infrastructures et l’innovation en matière de monnaie numérique".
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