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Les stablecoins en euros font leur petit bonhomme de chemin / Heuro annonce en avoir émis pour plus de 600 millions d’euros
Une place à l’ombre du géant des stablecoins. L’euro avance certes en ordre dispersé entre initiatives publiques et privées, n’en voilà pas moins que l’initiative déployée par Heuro devrait lui permettre de se tailler une place plus conséquente sur le marché des stablecoins. Cet acteur agréé en France vient en effet de devenir le premier émetteur mondial de stablecoins en euro avec plus de 600 millions d’euros émis ces derniers jours. Son président, Patrick Starkman, confie à WanSquare que « dès aujourd’hui, on a doublé le montant de stablecoins libellés en euros disponible, notre objectif est d’émettre du volume et d’atteindre une taille critique permettant aux entreprises de pouvoir transférer leurs fonds avec un coût bien moins élevé que la monnaie fiduciaire. On voit bien qu’il y a une demande pour cette solution et qu’il faudra plusieurs années avant que les projets tels que celui de la BCE voient le jour ».
Dans son viseur, des pratiques tels que le cash pooling ou les paiements internationaux, pour lesquels il explique « qu’il faut aujourd’hui 2 à 5 jours pour les opérer et de payer 1 a 2 % pour les intermédiaires et en plus 40 à 50 points de bases pour le change, l’utilisation de stablecoins permet de les envoyer instantanément et d’en diviser le coût par dix ». Mettant en avant la transparence des processus opérés, il explique que la demande qui est adressée pour ce stablecoin en euro émane essentiellement pour l’heure des grandes plateformes d’échange de cryptoactifs et également des grands marchés financiers. D’autant plus que l’offre actuelle est écrasée par le dollar : près de 300 milliards de dollars de stablecoins sont actuellement en circulation. Un projet porté par dix banques européennes - dont BNP Paribas - est également sur les rails depuis la fin de l’année dernière pour lancer un stablecoin adossé à l’euro.
L’automne 2025 avait vu François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, souligner l’importance pour l’Europe de ne pas rater le virage des stablecoins et expliquant que ce marché "pourrait atteindre plusieurs milliers de milliards dans les années à venir". Roland Lescure, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, vient quant à lui de saluer "cette émission réussie de Heuro, qui fait d’un acteur français le premier émetteur mondial de stable coins en euros. Cette nouvelle émission vient presque doubler l’encours mondial de stable coins en euros, dans un marché jusque-là très largement dollarisé, montrant le chemin à notre écosystème européen pour renforcer notre souveraineté et le rôle de l’euro dans l’économie mondiale". Le ministre explique qu'elle témoigne de l'attractivité de l'Hexagone pour les acteurs du secteur.
Souveraineté
Au-delà de l’enjeu de l’efficacité opérationnelle et des gains à espérer pour les acteurs privés, le dirigeant y voit un véritable enjeu de souveraineté. Patrick Starkman arguant qu’actuellement les « stablecoins dollars alimentent la dette américaine. De notre côté nous sommes certes tenus de déposer 30 % des sommes que nous recevons sur un compte bancaire, le reste nous pouvons cependant l’investir et nous le faisons sur de la dette publique liquide de très bonne qualité au sein de l’Union européenne ». Pour l’heure, cette entreprise française fondée en 2017 et agréée en 2021 par l’ACPR pour l’agrément d’émission de monnaie électronique, se targue d’avoir été rentable depuis 2021.
Son président explique « avoir levé un peu plus de 50 millions d’euros auprès de grands groupes. Cependant, nous n’avons pas eu besoin d’utiliser ces fonds, ces financements émanent essentiellement de partenaires et c’est à l’avenir que les levées de fonds nous seront utiles". Patrick Starkman a quant à lui en charge depuis peu de représenter les entreprises de monnaie électronique et de paiement au sein du Groupe stratégique de place dédié à l’innovation et à la tokenisation de la finance piloté par les autorités françaises. Un rôle qui lui tient à cœur tant il considère qu’il est essentiel de travailler avec les différents régulateurs pour « créer des conditions favorables pour que l’ensemble du secteur se développe encore plus ». Hélène Rey, professeur à la London Business School, et Ludovic Subran, chef économiste du groupe Allianz, étaient allés dans ce sens fin mars. Ils avaient signé une note du Conseil d’analyse économique pour exhorter au développement d’une offre de stablecoins en euros et une adaptation du règlement MiCA en faveur de l’innovation.
Ambitions
L’émission de cette semaine ne représente qu’une étape pour ce qui était « depuis quelques années une entreprise somme tout assez classique de paiements. On est convaincus que les commerçants verront un intérêt dans les stablecoins par rapport à la monnaie traditionnelle ». Patrick Starkman constate "qu’aujourd’hui il y a une connaissance dans toutes grandes entreprises du stablecoin, les nouveaux acteurs à toucher sont plutôt les PME. Celles-ci ont tout intérêt à bénéficier des solutions moins onéreuses et plus rapides ».
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