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Macro-économie / Taux / Donald Trump / droits de douane / Etats-Unis

Macro-économie / Taux
Donald Trump / droits de douane / Etats-Unis

Les entreprises américaines subissent de plein fouet les droits de douane / Les consommateurs vont finir par trinquer à leur tour

L’heure n’est pas encore venue pour les consommateurs américains de payer l’addition des droits de douane. En attendant de disposer de données plus récentes, on constate que la rhétorique de Donald Trump selon laquelle ses concitoyens ne feront pas les frais de sa politique commerciale demeure pour le moment valable. Une situation qui pourrait ne pas durer à en croire plusieurs chercheurs du Peterson Institute.
Port de Los Angeles. Photo by Patrick T. Fallon / AFP
Port de Los Angeles. Photo by Patrick T. Fallon / AFP

Donald Trump va peut-être finir par s’y habituer. Les mois passent et les acteurs dénonçant les effets de sa politique commerciale pour les citoyens américains à long terme sont de plus en plus nombreux. On se souvient encore du courroux présidentiel qu’avait provoqué une note de Goldman Sachs cet été, celle-ci expliquait alors que les consommateurs américains allaient finir par supporter 67 % du coût lié aux droits de douane.

Il faut dire qu’il n’y a pas pléthore de parties prenantes pour supporter les frais engendrés ; deux chercheurs du Peterson Institute for International Economics (PIIE) rappellent que pour les importateurs il y a trois conséquences possibles à la hausse des tarifs douaniers, lesquelles sont "des prix plus bas payés aux vendeurs étrangers, des écarts plus faibles entre le coût des biens importés et leur prix de vente pour les entreprises américaines, ou des prix plus élevés payés par les ménages américains". Les données exploitées par leurs soins établissent que "les consommateurs américains n’ont pas encore constaté de changement notable dans les prix de détail de la plupart des biens importés", que les recettes douanières progressent sensiblement et que le coût des importations n’a que peu varié. Ce qui laisse peu de doute sur quel type d’acteurs supporte actuellement les désagréments de la politique commerciale engagée par Donald Trump.

 

Petit à petit

 

D’autres chiffres permettent de mieux comprendre la dynamique de la transmission du choc tarifaire, les deux économistes expliquent qu’outre-Atlantique les "prix de détail moyens des articles importés n’étaient que de 2 % plus élevés en août 2025 qu’en octobre 2024". Une faible hausse alors même que "les recettes douanières sur les biens de consommation importés, en pourcentage de la valeur totale mensuelle des importations, s’élevaient à environ 13 % en juillet 2025". De quoi clairement indiquer selon eux que les droits de douane décidés par Donald Trump sur les biens de consommation importés "étaient loin d’être entièrement reflétés dans les prix de détail en août 2025".

Difficile que cela puisse durer, puisqu’au fur et à mesure que les mois passent un mécanisme va peu à peu cesser d’exister pour les firmes américaines. Les chercheurs rattachés au PIIE expliquant qu’elles ont "probablement basé leurs prix de vente sur le coût historique des stocks importés avant les droits de douane de Trump, retardant ainsi l’impact sur les consommateurs" et constant que dans le même temps aucune baisse de prix supérieure à 2,5 % n’a bénéficié aux importateurs américains.



Signaux

 

Les dernières perspectives économiques intermédiaires de l’Organisation de coopération et de développement économiques distillent quelques indices selon lequel la situation pourrait évoluer prochainement. Il y est fait état qu’on commence à observer "des signes de réduction des achats de biens soumis à une hausse plus forte des droits de douane" et que dans le même temps la "hausse continue des prix des intrants dans le secteur manufacturier aux États-Unis est en train de se répercuter sur les prix à la production".

L’autre enseignement majeur est que non seulement les droits de douane ne sont pas transmis entièrement pour l’heure jusqu’aux consommateurs mais également qu’ils sont loin de fonctionner à plein régime. Les deux auteurs arguant que "les taux de droits de douane mensuels observés (ex post), calculés à partir des statistiques des recettes publiques et des échanges commerciaux des États-Unis (droits de douane déclarés divisés par la valeur des importations de marchandises), ont fortement grimpé cette année, mais ils sont inférieurs aux taux de droits de douane effectifs estimés ce qui laisse augurer une augmentation du recouvrement des droits de douane dans les mois à venir".

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