Macro-économie / Taux / Donald Trump / droits de douane / Goldman Sachs / patrick artus
Macro-économie / Taux
Donald Trump / droits de douane / Goldman Sachs / patrick artus
Les marges des exportateurs ne suffiront pas à faire face aux droits de douane / Elles ne pourront pas absorber l’intégralité du choc
Une myriade de droits de douane pour un même constat. Les ménages payeront une facture pour le moins salée, Goldman Sachs chiffrant la proportion de l’impact des tarifs supportés par les consommateurs américains comme devant atteindre 67 % en définitive. Une part plus que conséquente qui s’explique par l’impossibilité pour les firmes de prendre sur leurs marges les conséquences des barrières douanières.
Prenant l’exemple des entreprises européennes, Patrick Artus, conseiller économique senior chez Ossiam, considère qu’une baisse de 15 % de leur taux de marge - soit les droits de douane qui leur sont nouvellement imposés - "aboutirait à accepter de perdre 40 % de leurs marges bénéficiaires". Ce qui n’est pas économiquement viable et rend caduque le scénario selon lequel "les exportateurs vers les États-Unis vont réduire leurs marges bénéficiaires, et que, de ce fait, il n’y aura pas d’effet inflationniste aux États-Unis de la hausse des droits de douane".
Spirale
Les calculs effectués par l’économiste font état d’une inflation sous-jacente aux États-Unis qui tendrait vers 3,4 % à la fin de l’année et dans l’hypothèse où les droits de douane moyens sont de l’ordre de 18,2 %. La répercussion des droits de douane sur les prix des importations est quant à elle annoncée de l’ordre de 1, ce qui permet à Patrick Artus d’affirmer que "l’impact d’une hausse des droits de douane de 15,8 points depuis le début de l’année 2025 se traduirait par un supplément d’inflation de 0,6 point pour les consommateurs américains ".
La situation sur le front inflationniste aurait pu être encore plus délétère selon lui, les distributeurs limitant les dégâts en réduisant quelque peu leurs marges bénéficiaires. La hausse des droits de douane devant entraîner une progression de 14,9 % du prix des importations, et "entraîner une hausse ex ante de 1,9 % des prix intérieurs" un chiffre plus conséquent que celui retenu in fine.
Mal en patience
Cependant l’inquiétude n’est pas non plus de mise sur le long terme, étant donné qu’il est attendu par le conseiller économique de chez Ossiam que cette fièvre inflationniste soit uniquement transitoire et non pas pérenne. Ce qui ne facilite pas pour autant la tâche de la Fed, l’objectif des 2 % d’inflation étant devenu pour le moins difficile à tenir dans les prochains mois. Alors que le marché intègre pour l’heure une baisse de 25 points de base en septembre, Thomas Giudici, responsable de la gestion obligataire chez Auris Gestion, considère qu’au vu de la situation il lui semble que "Jerome Powell pourrait profiter du symposium de Jackson Hole pour reprendre la main et tenter de garder une optionalité lui permettant d’ajuster le cap jusqu’au dernier moment ". De quoi lui permettre de mieux capter l’impact des nouveaux droits de douane.
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