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Chine / croissance / patrick artus
La santé économique de l’Empire du Milieu demeure sous surveillance / Les signaux contradictoires sont difficiles à interpréter
Des dirigeants qui prennent leur mal en patience. L’Empire du milieu ne voit pas son économie venir à bout de ses problèmes chroniques, en témoigne la publication de son dernier objectif de croissance. Lequel est désormais légèrement inférieur à 5 % et s’accompagne du message que les priorités structurelles priment sur celles court termistes. Néanmoins la consommation intérieure tarde à monter en puissance et les moteurs de croissances des prochains mois et années risquent fort d’être à nouveau le secteur manufacturier ainsi que les exportations.
La réorientation de l’économie chinoise se comprend d’autant plus que les facteurs des succès passés sont aujourd’hui menacés. C’est notamment le cas pour les débouchés à l’export, Patrick Artus, conseiller économique d’Ossiam, expliquant que la croissance de l’Empire du Milieu en est largement tributaire alors même que « celle-ci est menacée par les droits de douane instaurés par les États-Unis sur leurs importations en provenance de Chine et par la position de plus en plus restrictive de l’Europe quant aux importations en provenance de Chine ». L’économiste se montre également inquiet sur plusieurs plans, considérant que bien qu’un « effort impressionnant de robotisation » soit mené par Pékin, il ne « peut pas complètement compenser l’effet du recul de la population qui s’amplifie puisque le taux de fécondité continue de baisser ». Il souligne également que la problématique du vieillissement demeure entière, au vu des systèmes des retraites et d’assurance maladie lesquels ne permettent pour l’heure – à date de 2023 – de verser l’équivalent de 3,6 % du PIB en pensions de retraite aux retraités du secteur privé et 1,6 % aux anciens fonctionnaires.
Étendard
Des chiffres en décalage avec la santé resplendissante de la Chine sur d’autres plans, Patrick Artus rappelant que le pays asiatique représente désormais « 46 % de la puissance installée d’électricité éolienne et a fait en 2024 des investissements représentant 65 % des investissements mondiaux de l’éolien terrestre et 50 % de l’éolien en mer ». Même son de cloche pour le photovoltaïque, où cette fois c’est près de 59 % du marché mondial qu’accapare la Chine, consolidant un peu plus sa position de force sur les énergies renouvelables. Ce ne sont pas les Européens qui diront le contraire, eux qui découvrent ces dernières années la puissance industrielle de Pékin sur le secteur des véhicules électriques – 60 % des voitures électriques vendues dans le monde - et ce de l’extraction des matières premières à leur assemblage, en passant par le raffinage.
Des succès que Patrick Artus met en lien avec l’effort colossal de recherche et développement consenti par la Chine, lequel était en 2023 de près 723 milliards de dollars en parité de pouvoir d’achat (PPA) en Chine et se rapproche des niveaux déployés aux États-Unis -784 milliards de dollars PPA. L’économie chinoise peut compter dans le même temps sur 42 000 doctorats par an en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques, là où États-Unis n’en décernaient que 28 000. De quoi constituer un atout solide pour le développement des nouvelles technologies
Croissance anticipée
Ces derniers jours ont cependant vu quelques bonnes nouvelles pour l’économie chinoise être exprimées, notamment chez Fitch Ratings, dont les équipes ont révélé y avoir « relevé la prévision de croissance du PIB pour 2026 de 0,2 point de pourcentage depuis décembre ». Tablant sur une « légère reprise des investissements en capital (capex) après que 2025 a enregistré la première baisse annuelle de l’investissement depuis 1990 ». C’est également le signe du pessimisme prononcé envers la Chine jusqu’à la fin d’année dernière, étant donné que ces nouvelles prévisions voient cependant la croissance ralentir « à 4,3 %, contre 5 % en 2025, la progression des dépenses de consommation s’affaiblissant et la croissance des exportations devant se modérer ».
Alors même que d’autres sujets demeurent sur la table comme une crise immobilière dont le régime ne parvient pas à se défaire, voilà que les affrontements au Moyen-Orient mettent en lumière les dépendances de Pékin. Particulièrement gourmand en hydrocarbure, l’Empire du Milieu est un partenaire privilégié de Téhéran. Les équipes de Coface rappelant qu’une perturbation de l’offre de pétrole iranienne « aurait un impact immédiat sur des marchés déjà fragiles. Avec plus de 3 millions de barils par jour produits et près de 2 millions exportés — majoritairement vers la Chine — une interruption forcerait les acheteurs, notamment asiatiques, à se tourner vers des alternatives plus coûteuses ».
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