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Goldman Sachs dopé par le financement des hedge funds / Le prime brokerage résiste au ralentissement des marchés
Goldman Sachs a signé un troisième trimestre parmi les meilleurs de son histoire, avec 18,68 milliards de dollars de revenus, en hausse de 23 % sur un an, et un bénéfice net de 5,29 milliards, en progression de 29 %. Mais derrière ces performances, les activités de marché ont marqué le pas par rapport au deuxième trimestre. Les revenus de l’intermédiation ont notamment reculé de 26 % dans les actions et de 33 % dans les obligations, les devises et les matières premières. Une activité fait toutefois exception : le financement actions, dont les revenus ont encore progressé de 3 % sur le trimestre, à un niveau record de 3,37 milliards de dollars. Ils ont quasiment doublé en un an et dépassent désormais ceux de l’intermédiation actions.
Le financement actions à plein régime
Une grande partie de cette activité relève du prime brokerage, qui consiste notamment à prêter des liquidités ou des titres aux hedge funds et aux autres investisseurs institutionnels, souvent pour accroître leur effet de levier. Goldman Sachs y profite d’encours moyens très élevés, mais aussi d’un rapport de force favorable. « La demande de financement actions continue de dépasser les capacités disponibles dans le secteur, ce qui soutient des prix attractifs et nous permet de rester sélectifs dans le déploiement de nos ressources », a expliqué Denis Coleman, directeur financier de Goldman Sachs, qui s’exprimait mardi lors de la conférence avec les analystes consacrée aux résultats trimestriels.
L’autre ressort est asiatique. La région a généré 3,80 milliards de dollars de revenus sur le trimestre, contre 2 milliards un an plus tôt, soit 20 % du total contre 13 %. Un basculement largement porté par le financement actions, selon Denis Coleman. « Ce que nous avons trouvé particulièrement attractif en Asie, c’est que nous estimions être nettement en deçà de la taille critique, et que l’opportunité existait auprès des clients à des conditions économiques et de risque attractives », justifie-t-il.
Plus durable, pas moins cyclique
Depuis janvier, les activités de financement, aussi bien dans les actions que dans les autres marchés, ont rapporté le montant record de 12,7 milliards de dollars, plus de 40 % des revenus cumulés des actions et de FICC. La direction y voit un facteur de stabilité accrue de ses revenus de marché. Mais cette activité reste sensible aux retournements boursiers : lorsque les marchés actions reculent, les hedge funds réduisent leur endettement et leurs besoins de financement diminuent. Interrogé par un analyste de Bank of America sur le risque d’une cyclicité accrue, David Solomon ne l’esquive pas. « Il y aura nécessairement une part de cyclicité dans cette activité », reconnaît le PDG. Mais sur une période de trois à cinq ans, il estime que la croissance de l’économie mondiale et des marchés boursiers continuera de soutenir la demande de financement. « La croissance de cette activité restera très attractive pour Goldman Sachs », assure-t-il.
Au troisième trimestre, le désendettement de certains clients et les perturbations des marchés ont contribué à limiter la croissance du financement actions à 3 % par rapport au trimestre précédent. Mais l’offre de financement restant insuffisante, la banque peut compenser ces replis en élargissant son activité à d’autres clients, explique Denis Coleman. Ce relais a toutefois une limite : l’activité mobilise d’importantes capacités de bilan, que la banque doit gérer au regard de ses contraintes réglementaires. « La plus forte extension du bilan, en quelque sorte, est derrière nous », indique le directeur financier.
Plus largement, l’environnement des marchés de capitaux est devenu moins porteur, avec la remontée des taux longs et le premier relèvement des taux de la Fed depuis trois ans. « Les conditions étaient exceptionnelles fin mai et en juin. Elles restent très bonnes aujourd’hui, mais elles sont moins favorables », explique David Solomon. Le PDG de Goldman Sachs ne s’attend d’ailleurs pas à retrouver durablement les performances des dernières années. « Je ne pense pas que nous pourrons maintenir une croissance annuelle de 11 % de nos revenus au cours des cinq prochaines années », reconnaît-il, en référence au rythme enregistré depuis 2022.
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