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League Tables 2025 en France : Goldman Sachs s’impose, Rothschild s'illustre / Deux lectures d’un même marché
Le millésime 2025 du M&A français ne se résume pas à une simple reprise. Les League Tables M&A 2025 de LSEG (données arrêtées au 30 décembre) montrent une activité de fusions-acquisitions qui s’est redressée en France après deux exercices nettement plus atones. La valeur cumulée des transactions annoncées dépasse 200 milliards de dollars, contre un peu plus de 150 milliards en 2024.
Surtout, cette reprise s’est accompagnée d’une évolution claire de la hiérarchie. C’est là le fait marquant de l’exercice : Goldman Sachs s’est imposé en France devant plusieurs maisons historiquement dominantes, détrônant Lazard, qui avait devancé BNP Paribas l’an dernier.
Sur le périmètre français, Goldman Sachs a en effet gagné deux rangs dans le classement par rapport à 2024 pour s’imposer très nettement en valeur, avec 73,6 milliards de dollars de transactions annoncées, soit près de 36 % de part de marché, selon les données LSEG. Malgré un nombre d’opérations relativement limité, avec 39 deals recensés, la banque américaine devance sa compatriote JPMorgan, qui occupait le cinquième rang en 2024 et a elle aussi fortement progressé dans la hiérarchie.
La hiérarchie redessinée par le poids des grandes transactions
Une performance à resituer dans une dynamique bien plus large que le seul marché français. En 2025, Goldman Sachs figure également en tête des classements européens et mondiaux, confirmant sa domination transversale. Le redémarrage vigoureux des fusions-acquisitions aux États-Unis, porté par plusieurs opérations de très grande taille dans les médias, la technologie ou les infrastructures, a généré des revenus massifs. Cette puissance de feu a permis à la banque américaine de renforcer encore sa présence en Europe, y compris en France, où elle s’est positionnée sur des transactions structurantes à forte valeur faciale.
Ce leadership met d’ailleurs en lumière la dichotomie qui a structuré le marché français en 2025. Si l’activité s’est redressée sur l’ensemble de l’année, cette reprise a été principalement portée par les opérations de grande taille, tandis que le segment small et mid cap est resté plus heurté.
Les professionnels décrivent une année marquée par des calendriers souvent étirés et par un nombre élevé de processus engagés qui n’ont pas abouti sur le small et mid cap, là où les grandes opérations stratégiques, lorsqu’elles s’inscrivent dans un mouvement mûri de longue date, ont fini par se concrétiser dès que les conditions d’exécution devenaient suffisamment lisibles.
Le durcissement des conditions d’exécution a constitué un autre trait marquant de l’exercice. Côté vendeurs, la sélection s’opère plus tôt, avec une attention accrue portée à la capacité de financement et à la certitude d’exécution. Dans de nombreux processus, le dernier carré se dessine rapidement, et l’enjeu consiste moins à multiplier les candidats qu’à structurer une compétition crédible.
La constance de Rothschild
Dans cet environnement, Rothschild & Co affiche une performance particulièrement robuste. Fidèle à son positionnement historique sur le small et le mid cap, la maison se distingue comme à son habitude par son volume d’activité. Avec 150 opérations recensées en 2025, Rothschild demeure de loin l’acteur le plus actif du marché français. Mais l’exercice s’est également révélé solide en valeur, avec 54,1 milliards de dollars de transactions annoncées sur le périmètre France, permettant à la banque de progresser nettement dans la hiérarchie par rapport à 2024, où elle occupait le huitième rang.
Derrière le podium constitué de Goldman Sachs, JPMorgan et Rothschild & Co, Bank of America se positionne en quatrième position avec 50,5 milliards de dollars de transactions annoncées, tandis que Morgan Stanley affiche 40,0 milliards. Côté banques françaises, BNP Paribas se classe septième avec 34,6 milliards de dollars, tandis que Crédit Agricole CIB se maintient dans le top 10, à la neuvième place, avec 26,3 milliards. Autre enseignement, Centerview Partners, toujours habilement menée par Matthieu Pigasse, confirme son installation progressive dans le paysage français du conseil en fusions-acquisitions, avec 25,3 milliards de dollars de transactions annoncées en France.
Les League Tables mettent aussi en lumière la percée de D’Angelin & Co, la structure londonienne de conseil en fusions-acquisitions fondée en 2016 par Benoît d’Angelin. En valeur, la boutique se hisse au huitième rang, avec 32,2 milliards de dollars de transactions annoncées, une présence assurée par quatre opérations de grande taille qui ont suffi à la propulser dans le classement.
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