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Goldman Sachs / David Solomon

Goldman Sachs porté par le supercycle de l’IA / Une dynamique qui nourrit tous les métiers

Goldman Sachs a signé un deuxième trimestre historique, porté par l’envolée des marchés et le retour des grandes opérations. Mais David Solomon voit surtout dans le cycle d’investissement lié à l’IA un moteur durable pour le conseil, les financements et la gestion d’actifs.
David Solomon, le président-directeur général de Goldman Sachs (MARCO BERTORELLO / AFP)
David Solomon, le président-directeur général de Goldman Sachs (MARCO BERTORELLO / AFP)

« La construction de l’infrastructure d’IA n’en est qu’à ses débuts et ce cycle d’investissement pluriannuel continuera d’alimenter l’activité stratégique et les besoins de financement sur l’ensemble des marchés », estime David Solomon. Après un deuxième trimestre historique, le patron de Goldman Sachs a surtout insisté devant les analystes sur la profondeur du mouvement qui s’ouvre. La banque a dégagé 20,3 milliards de dollars de revenus, en hausse de 39% sur un an, un bénéfice par action record de 20,98 dollars, quasiment doublé, et une rentabilité des fonds propres de 23,5%. Le bénéfice net, à 6,6 milliards de dollars, en progression de 78%, est le deuxième plus élevé jamais enregistré par le groupe.

 

Des besoins de capitaux démultipliés

 

Comme JPMorgan, Goldman Sachs a pleinement capté l'exubérance des marchés. Mais son patron a surtout voulu inscrire la performance dans un mouvement plus profond. Le cycle d'investissement dans l'IA « étend les besoins en capital au-delà du cœur technologique vers les infrastructures, l'énergie et les centres de données, générant un effet d'entraînement à travers les industries », a expliqué David Solomon, tandis que la course à la taille a fait bondir de 90% les volumes de fusions et acquisitions des grandes capitalisations au premier semestre.

La mécanique a d'abord profité aux marchés. La division Global Banking & Markets a dégagé des revenus record de 15,5 milliards de dollars (+53%), portés par un pôle actions à 7,4 milliards (+72%), dont un financement en hausse de 91% grâce à des encours de prime brokerage record et à la percée de la banque en Asie. « Nous sommes au milieu d'un supercycle d'investissement dans l'IA, où la demande de financement porte sur chaque instrument de financement, dans chaque région du monde et dans chaque secteur », a résumé le directeur financier Denis Coleman, au point que cette demande excède « ce que nous estimons être le quantum approprié ».

 

Les grands mandats reviennent

 

La banque d'investissement n'est pas en reste. Les commissions ont bondi de 55% à 3,4 milliards de dollars, avec un record en émissions obligataires, et Goldman Sachs, numéro un mondial du conseil, est devenue au premier semestre la première banque à franchir 1 000 milliards de dollars de volumes annoncés sur six mois. Surtout, le carnet de mandats a encore progressé pour atteindre son plus haut niveau en cinq ans, avec un record dans le conseil. « Les dirigeants rêvent et réfléchissent à des opérations de très grande taille, structurellement porteuses d'avantages d'échelle », observe David Solomon, qui y voit l'effet conjugué de la technologie et d'un cadre réglementaire redevenu permissif. Le potentiel n'est d'ailleurs pas épuisé : « l'activité des sponsors n'a toujours pas accéléré et, très franchement, cela viendra à un moment donné, et c'est encore un important potentiel de hausse dans ces flux ».

 

La leçon de la bulle internet

 

Le dirigeant se garde pourtant de tout triomphalisme. Invité à comparer la période à la bulle internet, il décline le parallèle direct mais pas la leçon : « au bout du compte, il y aura une recalibration, une remise à plat, un repli, puis une nouvelle accélération. C'est à cela que ressemble généralement la trajectoire. » La différence, plaide-t-il, tient à une firme « tellement plus grande, tellement plus diversifiée », aux revenus plus durables qu'au précédent grand cycle d'investissement.

 

Le levier de la productivité

 

L'IA irrigue aussi la gestion interne du groupe. Les effectifs ont reculé de 2% sur le trimestre malgré l'envolée de l'activité, et le coefficient d'exploitation s'est amélioré de 320 points de base sur un an, à 58,8% au premier semestre. « Si elle changera la façon dont le travail est effectué, elle ne remplacera pas ce qui compte le plus pour porter notre activité, nos collaborateurs extraordinaires », a toutefois tenu à préciser David Solomon.

La gestion d'actifs et de fortune complète le tableau, avec des revenus en hausse de 20% à 4,6 milliards de dollars, des encours portés à un niveau record de 4 000 milliards de dollars et une collecte trimestrielle inédite de 59 milliards dans les actifs alternatifs, qui conduit la banque à viser désormais plus de 125 milliards sur l'année. Fort d'un ratio CET1 de 12,9%, supérieur de 150 points de base à son exigence, le groupe a rendu 5,4 milliards de dollars à ses actionnaires sur le trimestre et relevé de 25% sur un an son dividende trimestriel, porté à 5 dollars.

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