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Banques américaines / Wall Street / J.P. Morgan Chase / JP Morgan / Morgan Stanley / Goldman Sachs / Citi

Pluie de dividendes sur Wall Street / Stress tests franchis, les banques américaines gâtent leurs actionnaires

La réussite des stress tests annuels de la Réserve fédérale s’est traduite en quelques heures par une vague de hausses de dividendes à Wall Street. Une démonstration de confiance qui reflète autant la robustesse financière des grandes banques américaines que l’assouplissement progressif de leur environnement réglementaire.
(Photo by JESPER KLAUSEN / SCIENCE PHOTO L / JKU / Science Photo Library via AFP)
(Photo by JESPER KLAUSEN / SCIENCE PHOTO L / JKU / Science Photo Library via AFP)

Le verdict prudentiel à peine rendu, Wall Street a ouvert les vannes. Quelques heures après la publication, cette semaine, des résultats des tests de résistance annuels de la Réserve fédérale, les principales banques américaines ont annoncé presque simultanément un relèvement de leurs dividendes et de nouveaux programmes de rachats d’actions.

JPMorgan Chase a donné le ton en portant son dividende trimestriel à 1,65 dollar par action, contre 1,50, et en autorisant un programme de rachat de 50 milliards de dollars à compter du 1er juillet. Goldman Sachs relève le sien de 4,50 à 5,00 dollars, une hausse de 11 % sur le niveau actuel et de 25 % sur un an. Morgan Stanley ajoute 15 cents, à 1,15 dollar, et réautorise une enveloppe de rachat de 20 milliards. Citigroup augmente son coupon de 12 %, de 0,60 à 0,67 dollar, tout en poursuivant son programme de 30 milliards entamé au printemps. Bank of America fait exception : le groupe a indiqué qu’il arrêterait le montant de son dividende lors d’une réunion de son conseil le mois prochain, sans hausse immédiate annoncée.

JPMorgan a mis à profit la fenêtre pour dévoiler un remaniement de son organigramme, en nommant Doug Petno et Troy Rohrbaugh coprésidents. Assorti du départ de Marianne Lake, longtemps citée parmi les prétendantes, ce mouvement replace au premier plan la question de la succession de Jamie Dimon, aux commandes depuis deux décennies.

 

Des bilans qui résistent au pire scénario

 

Reste à comprendre pourquoi les établissements américains s’autorisent de telles largesses. La réponse tient dans le contenu même de l’exercice. Sous le scénario « sévèrement défavorable », les 32 banques testées voient leur ratio de fonds propres durs (CET1) agrégé reculer de 12,8 % à un plancher de 11,2 %, avant de remonter à 12,7 %. Un repli de 1,6 point, le plus faible des dernières années. Surtout, « les ratios de fonds propres CET1 post-stress, en agrégé comme banque par banque, restent au-dessus des minimums réglementaires requis tout au long de l’horizon de projection », souligne le régulateur.

Le millésime confirme la robustesse affichée : les banques disposent, écrit la Fed, « d’un capital suffisant pour absorber près de 708 milliards de dollars de pertes et continuer à prêter aux ménages et aux entreprises dans des conditions hypothétiques de tension ». Les pertes de crédit projetées, de 625 milliards, restent concentrées sur les cartes (203 milliards, soit 29 % du total). L’amélioration tient surtout à la rentabilité courante : « Le capital projeté a augmenté en raison d’un produit net d’intérêts projeté plus élevé », explique le rapport, effet de la performance récente des banques et de la trajectoire des taux retenue. Citigroup en offre l’illustration la plus nette, sa ponction de capital sous stress revenant à 290 points de base, contre 320 lors du cycle précédent.

 

Le temps du desserrement prudentiel

 

Ce satisfecit prend un relief particulier dans un contexte de desserrement réglementaire outre-Atlantique. La Fed a décidé, en février, de figer jusqu’en 2027 les coussins de stress en vigueur, le temps de réviser ses modèles : les exigences sont restées inchangées, à 2,5 % pour JPMorgan, 3,4 % pour Goldman Sachs, 3,6 % pour Citi ou 4,3 % pour Morgan Stanley. Les agences américaines ont par ailleurs finalisé fin 2025 un allègement du ratio de levier supplémentaire renforcé applicable aux établissements systémiques, entré en vigueur au 1er avril. Autant de signaux d’un cycle prudentiel plus clément.

Cette générosité retrouvée conforte a posteriori le choix des autorités européennes. En conditionnant l’achèvement des accords de Bâle aux décisions de Washington, Bruxelles entendait éviter de pénaliser ses propres champions. Le 4 juin, la Commission a ainsi reporté de trois années supplémentaires, jusqu’en 2029, l’application des normes bâloises sur le risque de marché (FRTB), invoquant explicitement les atermoiements américains et britanniques et la préservation de conditions de concurrence équitables.

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