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Saint-Gobain tourne la page du London Stock Exchange / La fin d’une cotation secondaire

En décidant de se retirer du London Stock Exchange, Saint-Gobain procède à un arbitrage pragmatique, justifié par la faiblesse des volumes échangés sur cette cotation secondaire. Une simplification boursière sans impact opérationnel, alors que le groupe poursuit parallèlement l’exécution de sa stratégie industrielle, illustrée récemment par une opération ciblée en Indonésie.
(Photo by CARL COURT / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP)
(Photo by CARL COURT / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP)

D’ici peu, Saint-Gobain comptera une place de cotation en moins. Et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit du London Stock Exchange. Une décision qui pourrait surprendre par le prestige de la place londonienne, mais que le groupe présente avant tout comme le résultat d’un arbitrage pragmatique. "La société a procédé à un examen de ses lieux de cotation", explique-t-elle, précisant avoir notamment pris en compte "les faibles volumes d’échanges liés à sa cotation à Londres" avant de notifier son intention de demander la radiation de ses actions.

Dans les faits, la cotation londonienne est toujours restée cantonnée à un rôle secondaire, marginal en termes de liquidité. À titre d’illustration, sur les trois derniers mois, le volume moyen quotidien traité à Londres s’établit autour de 431 000 titres, contre plus de 1,0 million de titres sur Euronext Paris, mettant en évidence un écart de liquidité significatif entre la place britannique et le marché de référence du groupe.

 

Radiation programmée

 

En pratique, le calendrier de sortie sera rapide. Conformément aux règles britanniques, Saint-Gobain respecte un préavis d’au moins vingt jours ouvrés, pour une radiation effective prévue "à compter de 8h00 le 10 février 2026", la dernière séance de négociation à Londres étant fixée au 9 février. À l’issue de cette étape, le groupe précise qu’il "maintiendra la cotation principale de ses actions sur Euronext Paris" et que l’opération "ne devrait avoir aucun impact pour les actionnaires qui détiennent leurs actions sur Euronext Paris". Les porteurs de CDIs, des certificats représentatifs d’actions Saint-Gobain permettant la négociation à Londres via le système CREST, sont en revanche invités à se rapprocher de leurs intermédiaires afin d’organiser, le cas échéant, la conversion de leurs titres.

Au-delà de Londres, le titre Saint-Gobain demeurera par ailleurs coté sur plusieurs places européennes. Euronext Paris, où le groupe est coté de façon continue depuis son introduction en Bourse en décembre 1986, reste son marché principal. L’action est également admise à la cote à Bruxelles et Amsterdam, sur Euronext, ainsi qu’à Zurich et à Francfort. Un dispositif paneuropéen de cotations multiples qui n’est donc pas remis en cause.

 

Renforcement ciblé en Asie

 

La décision intervient tandis que Saint-Gobain continue de dérouler sa feuille de route industrielle. Le 5 janvier, le groupe a ainsi annoncé la création d’une coentreprise en Indonésie avec une filiale d’Indocement Tunggal Prakarsa, cimentier coté dont Heidelberg Materials détient 53 % du capital. Conclue le 30 décembre, l’opération porte sur l’acquisition des activités de mortiers d’Indocement en Indonésie, au sein d’une structure détenue à 60 % par Saint-Gobain et 40 % par son partenaire local.

L’activité concernée, exploitée sous la marque Tiga Roda, dispose de trois lignes de production et a généré un chiffre d’affaires estimé à près de 20 millions d’euros en 2025. Elle viendra compléter l’activité existante de mortiers de Saint-Gobain dans le pays, opérée via Cipta Mortar Utama, tant en termes de catégories de produits que de couverture géographique. Présent en Indonésie depuis 1995, le groupe y compte aujourd’hui quatorze lignes de production et environ 1 300 collaborateurs, et bénéficie déjà d’un réseau de distribution dense dans la chimie de la construction.

Certes modeste à l’échelle du groupe, avec un chiffre d’affaires estimé à près de 20 millions d’euros en 2025, l'opération s’inscrit clairement dans les orientations du nouveau plan stratégique "Lead & Grow" présenté en octobre. Cette feuille de route met l’accent sur la consolidation des positions de leader dans les métiers à plus forte valeur ajoutée, au premier rang desquels la chimie de la construction, ainsi que sur le renforcement de l’exposition aux zones à forte croissance. L’Asie et les marchés émergents figurent explicitement parmi les priorités géographiques du plan, avec l’ambition de porter leur poids dans les revenus du groupe à environ 60 % à l’horizon 2030, contre près de 50 % aujourd’hui.

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