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Publications, Résultats / Eiffage / construction / énergie / Benoît de Ruffray

Publications, Résultats
Eiffage / construction / énergie / Benoît de Ruffray

Eiffage : une européanisation continue qui a du bon / Croissance et renforcement du maillage au rendez-vous depuis le début de l'année

Le spécialiste du BTP et des concessions a signé un premier semestre placé sous le signe de la croissance, tout particulièrement en Europe, au-delà des frontières françaises. Le résultat, notamment, d’un positionnement bien choisi sur des marchés porteurs, ayant aussi été soutenu par des acquisitions ciblées. Et ce sans dégrader la situation financière du groupe. Fort d’un carnet de commandes fourni et gardant le cap sur sa stratégie de long terme, Eiffage confirme ses prévisions annuelles.
(Photo by Antoine Boureau / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Antoine Boureau / Hans Lucas via AFP)

La stratégie européenne affirmée d’Eiffage porte ses fruits. Le groupe a publié ses résultats du premier semestre de l’exercice 2025, et force est de constater que la croissance aura été au rendez-vous. Le chiffre d’affaires consolidé du spécialiste du BTP et des concessions s’est en effet apprécié de 7,5 % à structure réelle sur un an, pour atteindre 11,93 milliards d’euros. Le résultat d’une hausse des revenus de 2,8 % en France, mais surtout de 17,1 % à l’international, dont 17,4 % sur le continent européen, au-delà des frontières françaises.

Une croissance à la couleur européenne qui se lit effectivement au sein de l’activité de travaux du groupe, qui pèse pour 10 milliards d’euros de revenus. Elle a de son côté progressé de 8,4 %, avec une dynamique tout particulièrement soutenue en dehors de l’Hexagone. Si le chiffre d’affaires tricolore d’Eiffage y reste légèrement supérieur à celui réalisé à l’international (5,76 milliards d’euros contre 4,26 milliards d’euros), sa croissance est ressortie à 2,7 %… contre 17,4 % dans le reste de l’Europe.

La part des travaux réalisés hors de France représente désormais plus de 42 %, traduisant une progression constante sur les cinq dernières années. Le groupe présidé et dirigé par Benoît de Ruffray reste toutefois bien actif dans l’Hexagone. Parmi ses grands contrats sur lesquels il a avancé au fil des six premiers mois de l’année, l’on y retrouve notamment le génie civil des deux premiers réacteurs de type EPR2 à Penly, la mise en service du pont des cathédrales à Saint-Denis ou la livraison de l’ensemble immobilier de l’îlot Foch à Saint-Jean-de-Luz, entre autres.

Si sa branche de construction a été quelque peu moins dynamique que les autres dans son ensemble, sur fond de crise du logement neuf en Europe, celles d’infrastructures et de services à l’énergie sont quant à elles au beau fixe. La première a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 8,2 % à 4,3 milliards d’euros (avec une accélération notable de 16,4 % en Europe hors France, notamment sur les grands programmes d’infrastructures énergétiques et de transports), tandis que la seconde, nommée Eiffage Énergie Systèmes, a vu ses revenus grimper de 13,2 % à 3,77 milliards d’euros, dont 3,2 % en France et 28,7 % à l’international.

 

Dans l’ordre des choses

 

En Europe, les opérations de croissance externe ont contribué à hauteur de près de 6 % à la hausse de l’activité d’Eiffage Énergie Systèmes, incluant une progression de 21,4 % enregistrée rien qu’en Allemagne, grâce aux acquisitions d’Eqos et d’IFT. "Non seulement nous y avons changé de taille, mais les marchés y sont aussi très dynamiques", a précisé Benoît de Ruffray, à l’occasion d’un point presse. En témoignent, de fait, les 950 millions d’euros de prises de commandes enregistrées outre-Rhin au fil des six premiers mois de l’année.

Eiffage a effectivement été actif sur les acquisitions depuis le début de l’année, avec déjà six acquisitions au compteur, dont celle d’HSM Offshore Energy, lui ayant permis d’affirmer son positionnement dans l’éolien offshore en Europe. Une tactique entamée depuis plusieurs années, offrant au groupe un moyen de densifier son maillage européen et de s’offrir des expertises complémentaires. Et résultant de la bonne santé des fondamentaux et de la croissance organique du groupe, a rappelé Benoît de Ruffray, ce qui lui permet donc d’avoir des capitaux à déployer. Les acquisitions réalisées sur le seul premier semestre ont représenté un investissement de 205 millions d’euros. En dépit de ceci, l’endettement financier net d’Eiffage a reculé de 700 millions d’euros. "Cela démontre la qualité de nos sous-jacents", a observé Benoît de Ruffray, la génération de cash-flow libre sur les douze derniers mois ayant permis de financer d’importants investissements de croissance.

La croissance de l’activité de concessions d’Eiffage s’est de son côté affichée à 3,1 % (pour près de 2 milliards d’euros), portée par un trafic autoroutier robuste. À noter qu’Eiffage Concessions a d’ailleurs été choisi pour la réalisation et l’exploitation du nouveau siège du port de Marseille Fos après la clôture du semestre.

 

Épine fiscale

 

Sur le plan du résultat opérationnel courant, ce dernier a fait état d’une légère hausse de 9 millions d’euros, pour atteindre 1,06 milliard d’euros. La marge opérationnelle a ainsi été ramenée à 8,4 %, reflétant des tendances contrastées selon les champs d’activité du groupe. Par exemple, la marge est restée stable à 3,4 % dans la construction, malgré les difficultés du marché du neuf en France. À l’inverse, du côté Énergie Systèmes, elle a sensiblement progressé pour s’établir à 4,9 %, au cœur d’un marché européen installé sur des tendances porteuses. Et tout particulièrement sur le segment des infrastructures de transport d’énergie, dont les dernières opérations de croissance externe permettront de tirer parti. Dans les concessions, la marge n’enregistre pas non plus de variation significative, à 44,2 %, ce malgré un impact de 61 millions d’euros enregistré sur le résultat opérationnel du fait de la taxe sur les infrastructures de transport de longue distance.

Un impact fiscal qui, d’une manière générale, a aussi pesé sur le résultat net, part du groupe. Du fait de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises applicable en 2025 et de la charge de l’impôt sur les sociétés, explique Eiffage, il a reculé à 308 millions d’euros, contre 382 millions d’euros au premier semestre de 2024. À fiscalité constante, il aurait été de 391 millions d’euros.

Fort d’un carnet de commandes en travaux s’élevant à 29,5 milliards d’euros à fin juin, en hausse de 4 % sur un an et représentant 17,4 mois d’activité, le groupe affiche donc sa confiance pour le reste de l’année. Ces dernières incluent notamment le circuit de Formule 1 de Madrid, le nouveau siège social de Frontex, à Varsovie, l’extension du réseau électrique de Rhin-Neckar-Nord Bade en Allemagne ou encore la maintenance des installations de climatisations aéroportuaires en Espagne.

De nouvelles perspectives européennes auxquelles s’ajoutent évidemment des gains de contrats français, dont l’un avec le CHU de Bordeaux, ou encore le renouvellement des équipements d’un tunnel de l’autoroute A43. Dans les travaux, Eiffage anticipe ainsi un chiffre d’affaires en hausse dans toutes les branches, tandis que son résultat opérationnel devrait aussi progresser, grâce notamment à la rentabilité d’Eiffage Énergie Systèmes – son niveau d’activité est même attendu à 8 milliards d’euros, pour une marge de 6 %. Une légère hausse est anticipée en matière de revenus et de résultats pour les concessions. Le résultat net part du groupe restera, de son côté, grevé par les incidences fiscales, mais aurait sinon été installé sur une trajectoire haussière.

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