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Eiffage désamorce les interrogations sur le dossier Getlink / Une position stratégique à son capital, mais pas de surexposition souhaitée
Les logiques stratégiques qui sous-tendent les récentes manœuvres observées au capital de Getlink se lisent aisément. Eiffage et Mundys, y ayant respectivement musclé leurs positions à la fin du mois de mars, sont deux grands opérateurs de concessions d’infrastructures de transport en Europe. Puisqu’ils sont tous deux notamment installés sur le terrain des autoroutes françaises, dont l’expiration des contrats avec leur concédant, l’État, se profilera à compter de 2031, renforcer leur exposition à l’exploitant de l’Eurotunnel apparaît pertinent : de fait, son contrat de concession du tunnel sous la Manche s’étend jusqu’en 2086. Au-delà du facteur d’allongement de la durée du portefeuille de concessions, il en est aussi un de diversification. Le calendrier au sein duquel s’étaient opérés ces mouvements successifs avait toutefois suscité quelques interrogations de la part des observateurs de marché.
Actionnaire de l’entreprise depuis 2018, Eiffage a progressivement fortifié sa participation, jusqu’à devenir le premier actionnaire de Getlink et de continuer par la suite à conforter cette position. À la fin du mois de mars 2026, il annonçait avoir, de nouveau, acheté des titres sur le marché. Sa participation a ainsi été portée à 29,4 % du capital et 29,5 % des droits de vote. Cela reste toujours sous le seuil des 30 %, au-delà duquel le lancement d’une offre publique devient obligatoire. Pour Benoît de Ruffray, le président-directeur général d’Eiffage, la stratégie depuis 2018 n’a néanmoins pas changé. « Nous avons toujours dit qu’en fonction des opportunités de marché, ou de blocs, nous serions prêts à nous renforcer pour devenir l’actionnaire de référence. Nous sommes tout à fait en phase avec le travail de fond que fait le management de Getlink », a-t-il répondu à un actionnaire qui s’interrogeait sur l’évolution future de la situation, lors de son assemblée générale s’étant tenue ce jeudi, au regard de la récente opération de Mundys.
Dans la foulée
Car, surprise : moins d’une semaine après le mouvement d’Eiffage, le groupe italien (dont Abertis, qui détient l’A63 ou bien la Sanef, est une filiale) annonçait lui aussi être en passe d’augmenter significativement sa participation. Un premier rachat de 3,5 % des parts avait été acté, tandis qu’une option d’achat de 6 % supplémentaires, conditionnée à certaines autorisations réglementaires, allait lui permettre de la porter à 25 % - elles ont depuis été obtenues. Toujours derrière Eiffage, le groupe contrôlé par la famille Benetton détient ainsi désormais un quart du capital de Getlink, mais davantage de droits de vote, à hauteur de 29,9 %.
« La seule chose que je pourrais commenter, c’est que je comprends tout à fait la société Mundys. Elle considère, comme nous, que cet actif est de qualité et intéressant. Ce n’est pas étonnant, sachant qu’ils étaient actionnaires depuis assez longtemps, qu’ils s’y renforcent. Nous sommes heureux d’avoir pu atteindre les 29,4 % que nous nous étions fixés pour avoir cette exposition et ce pilier important », a poursuivi Benoît de Ruffray en réponse à la question. « Le deuxième élément, c’est qu’il ne faut pas être surexposé non plus. Il est donc intéressant d’avoir cette position stratégique au sein de Getlink », a-t-il indiqué.
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