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Getlink vise une rentabilité à un milliard d’euros en 2030 / Un objectif atteignable compte tenu des performances et des tendances actuelles
Journée chargée pour Getlink qui tient cet après-midi son Investor day. Et de bonnes nouvelles seront en perspective avec l’annonce de ses nouvelles ambitions de croissance à moyen terme. « À partir des excellents résultats 2025, nous allons engager une nouvelle période de croissance et de résultats pour les cinq à dix ans qui viennent », a annoncé en conférence téléphonique Jacques Gounon, qui devrait se maintenir à la présidence de Getlink deux ans de plus.
Une fusée à trois étages
Le groupe se fixe désormais pour 2026 un excédent brut d’exploitation (Ebitda) situé dans une fourchette comprise entre 820 et 860 millions d’euros et d’un milliard d’euros à horizon 2030. Pour y parvenir, Getlink mise plus que jamais sur ses fondamentaux. « Toutes nos activités ont de bonnes perspectives de croissance. Que ce soit le Shuttle passagers, le Shuttle Fret, la grande vitesse, l’énergie, la tendance est à un renforcement, au-delà du travail que nous allons continuer à fournir en matière de discipline opérationnelle », a assuré le directeur général, Yann Leriche.
Mais l’entreprise se projette aussi dans l’avenir à plus long terme. « Après 2030, nous allons encore accélérer notre croissance, avec en particulier un changement d’échelle historique en matière de grande vitesse. Nous travaillions depuis un certain temps à développer le trafic grande vitesse transmanche. La demande est extrêmement forte. Mais cette demande, aujourd’hui, n’est pas servie par manque de moyens. Pas assez de trains roulent et les gares sont de taille contrainte. Tout cela est en train d’évoluer avec par exemple, ces derniers mois, l’annonce ferme d’Eurostar d’acheter de nouveaux trains, mais aussi l’arrivée de nouveaux entrants comme Virgin et Trenitalia. Si bien que d’ici dix ans, nous attendons 10 millions de passagers en plus sur le transmanche, pour passer de 12 à 22 millions », a-t-il expliqué.
Priorité au rendement élevé
Un changement de dimension qui se traduira directement dans le retour à l’actionnaire puisque le groupe proposera, dès cette année, d’augmenter de 22 centimes son dividende pour le passer à 80 centimes d’euros, avec un objectif clair de 5 centimes de plus par an tous les ans pour atteindre en 2030 – en même temps que l’Ebitda à un milliard – un euro. « Le cours de Bourse a atteint 20 euros en août 2023, cela signifie que notre ambition est de continuer à être toujours plus une valeur de rendement », a justifié Jacques Gounon.
Des perspectives de croissance qui s’appuient de fait sur des performances financières très solides Getlink l’année dernière. « Nous avons battu notre guidance. Nous avions annoncé un Ebitda entre 780 et 830 millions d’euros, il est ressorti à 859 millions d’euros, en hausse de 4 % sur un an », s’est félicité le directeur général.
Pour le reste, le chiffre d’affaires consolidé s’élève à 1,6 milliard d’euros, porté par l’ensemble des activités. Eurotunnel – au cœur de la stratégie de Getlink – reste le moteur de l’entreprise avec un chiffre d’affaires à près de 1,2 milliard d’euros (dont 738 millions pour le Shuttle passagers et 411 millions pour la grande vitesse), pour un excédent brut d’exploitation en hausse de 5 % à 667 millions d’euros. « La progression de l’Ebitda est supérieure à la progression du chiffre d’affaires, ce qui montre que nous avons amélioré notre niveau de rentabilité », a souligné le dirigeant.
La seule entreprise française de fret ferroviaire à gagner de l’argent
Certes, du fait de la suspension de l’activité en début d’année dernière et d’un marché de l’énergie en pleine normalisation, Eleclink – autre actif stratégique - voit ses revenus reculer de 20 % à 225 millions mais l’Ebitda atteint 158 millions d’euros, « ce qui reste très supérieur à nos prévisions au moment du lancement du projet », a précisé Yann Leriche. « L’autre bonne nouvelle est que l’interruption du service a été compensée par nos assureurs à hauteur de 55 millions d’euros », a-t-il ajouté.
Sans oublier la belle année d’Europorte qui continue d’améliorer sa profitabilité, avec un chiffre d’affaires en hausse de 2 % à 172 millions d’euros et de 6 % pour l’Ebitda à 34 millions d’euros. « Une performance d’autant plus remarquable que nous restons la seule entreprise de fret ferroviaire en France – et une des très rares en Europe – à gagner de l’argent, ce qui montre la qualité de nos services », a-t-il conclu.
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