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Fiscalité / Commission d'enquête sur les aides publiques / Thales / Crédit impôt recherche / Innovation / r&d

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Commission d'enquête sur les aides publiques / Thales / Crédit impôt recherche / Innovation / r&d

Patrice Caine juge le CIR vital pour garder l’innovation et l’emploi en France / Attention aux effets pervers d’une réforme pour les grands groupes

Le président-directeur général de Thales a fermement défendu l’importance du crédit impôt recherche pour la compétitivité de la France, lors d’une audition devant la Commission d’enquête sur les aides publiques. Selon lui, cette aide est essentielle pour maintenir l’innovation sur le territoire national, surtout dans un contexte mondial où la recherche est devenue un enjeu stratégique. Face à une possible réforme du dispositif, Patrice Caine a averti des conséquences dramatiques pour les entreprises françaises, notamment pour Thales, qui emploie 19 000 chercheurs en France.
Patrice Caine (Photo by Eric PIERMONT / AFP)
Patrice Caine (Photo by Eric PIERMONT / AFP)

Dans un monde où la R&D est devenue un vrai sujet de compétition entre les différents États, le maintien du crédit impôt recherche (CIR) octroyé en France aux entreprises revêt une importance toute particulière. C’est ce qu’est venu expliqué le patron de Thales, Patrice Caine, aux membres de la Commission d’enquête sur les aides publiques ce mercredi soir. "Cette aide, c’est de la compétitivité pour un groupe très ancré en France, mais très dépendant de l’international", a-t-il assuré. De fait, sur les 83 000 salariés de Thales présents dans 68 pays, 33 000 sont dédiés à la R&D, soit 40 % des effectifs du groupe, dont 19 000 en France. "La France a un poids particulier, et j’en suis très fier parce que ce n’est pas évident. Nous avons pu et su garder en France 60 % de notre recherche, 50 % de nos collaborateurs, alors même que la France en tant que pays de destination ne représente ‘que’ 29 % du chiffre d’affaires de Thales", a-t-il souligné.

 

La preuve par les chiffres

 

Au titre du CIR, l’entreprise a perçu, en 2023, 171 millions d’euros pour une recherche produite de 4,2 milliards d’euros, soit… plus que le budget recherche du CNRS. " Notre recherche en France est de grande qualité, avec de très bons ingénieurs, de très bons chercheurs et des Prix Nobel, mais elle n’est pas compétitive ", a insisté Patrice Caine qui en a profité pour intervenir aussi en tant que président de l’Association Nationale de la Recherche et de la Technologie (ANRT). "Sur une base 100, le coût de la recherche en France est le plus cher que les autres pays où nous disposons de données. Si la France est ainsi à 100, le Royaume-Uni est à 72, l’Espagne à 56 et l’Inde à 29. Si l’on prend ensuite en compte le CIR, la France retombe à 73, ce qui permet donc au pays de revenir à la moyenne ", a-t-il illustré.

"L’innovation, la R&D, sont clés pour la France si l’on veut garder de la production sur le sol national. J’insiste sur la nécessité d’un dispositif CIR, y compris pour des grands groupes comme Thales. C’est ce qui nous aide à être plus innovant et différenciant, à faire des choses complexes afin de les valoriser à l’international et de fait, garder de l’emploi en France ", a-t-il plaidé, rappelant que son entreprise était fortement exportatrice de ses solutions.

 

La fuite des richesses de la France vers les États-Unis

 

Et Patrice Caine de prévenir sur les effets pervers d’une réforme du dispositif. "Si le législateur avait l’idée de réfléchir à des seuils au niveau d’un groupe, ce serait dramatique pour Thales. Quand j’ouvre un laboratoire d’intelligence en France, oui je suis aidé par le CIR. Mais Thales est ancré en France et paie ses impôts en France. Si demain, on met un plafond au niveau du groupe, n’importe quel GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) vous allez l’aider, alors que la richesse qu’il crée avec nos cerveaux, nos jeunes formés, partira aux États-Unis ", a-t-il prévenu, prenant encore un autre exemple pour bien se faire comprendre. "Si demain, le ministère de la Défense me demande de racheter une société pour la mettre de côté, comme ce fut déjà le cas, s’il n’y a plus de CIR, elle sera rachetée par des Américains ".

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