Macro-économie / Taux / Chine / Donald Trump / droits de douane
Macro-économie / Taux
Chine / Donald Trump / droits de douane
La Chine ne serait pas la seule à trinquer si Donald Trump s’attaquait à ses exportations / Les fournisseurs de l’Empire du Milieu feraient également grise mine
L’investiture de Donald Trump se rapproche un peu plus chaque jour et avec elle de possibles droits de douane supplémentaires sur les exportations chinoises à destination des Etats-Unis. Plus le temps passe et plus les conséquences d’une possible guerre commerciale sont détaillées.
Un travail que vient d’effectuer le cabinet Global Sovereign Advisory (GSA) qui avance que "dans le scénario d’une hausse de 60 % des droits de douane, et en se basant sur une élasticité issue de la littérature, on estime que les importations chinoises de biens intermédiaires diminueraient d’un peu plus de 10 %". Une conséquence d’une baisse attendue de près de 80 % des exportations chinoises à destination des Etats-Unis.
Contagion
L’effet domino serait colossal pour les économies très largement dépendantes de la Chine, une flopée de pays sont en effet très exposés à la bonne santé des exportations chinoises. GSA calcule pour cela le pourcentage des exportations vers la Chine par rapport aux exportations totales de chaque pays, une proportion non négligeable pour Taïwan (46,1 %), le Chili (43,1 %) et l’Australie (41,9 %). Elle monte même jusqu’à plus de 80 % pour la Mongolie.
Un autre mode de calcul rapportant cette fois la part des exportations vers la Chine rapportée au PIB du pays donne une idée du lien très fort tissé avec le temps avec l’Empire du Milieu. Cette fois ce sont "la Mongolie (66,0 %), la Guinée (27,3 %), la Sierra Leone (26,6 %), et Taiwan (26,4 %) mais aussi d’autres pays comme le Congo (35,6 %) et Oman (29,0 %)" qui se distinguent. Autant de pays qui souffriraient de droits de douane supplémentaires avec notamment une perte équivalente à 6,6 % de son PIB pour la Mongolie.
Hétérogénéité
Les importations chinoises à destination des côtes américaines ont beau être conséquentes, elles ne sont pas pour autant la réplique parfaite de la moyenne de ses exportations à travers le monde. Un tel choix de Donald Trump verrait des secteurs être plus affectés que d’autre par la baisse des importations chinoises de biens intermédiaires ; GSA argue qu’il s’agirait des équipements informatiques, des produits pétroliers raffinés et des métaux de base. Les diminutions du premier et dernier nommés représenteraient pour 0,8 % et 0,7 % des importations totales chinoises et logiquement auront un poids bien plus important (11,5 % et 10,2 %) dans les pertes liées à une baisse des flux entrants de biens intermédiaires.
Certains pays seraient dès lors plus touchés que la moyenne, c’est notamment le cas de l’Australie et du Chili pour la dernière catégorie évoquée. Pour calculer les impacts, les auteurs expliquent qu’ils font l’hypothèse que les "exportations chinoises diminuent de 11,7 %, ce qui, avec une élasticité de 0,86, induit une baisse des importations chinoises de produits nécessaires à ces exportations de 10,1 %". Ce qui conduit les équipes de GSA à statuer qu’en valeur absolue les moindres importations de métaux de base conduiraient à ce que l’Australie et le Chili soient les plus touchés, avec "des pertes respectives de 6,7 et 2,0 milliards de dollars, représentant 0,39 % et 0,60 % de leur PIB. Par ailleurs, le Brésil (1,8 milliard de dollars, soit 0,1 % du PIB) et l’Afrique du Sud (832 millions de dollars, soit 0,2 % du PIB) enregistrent également des pertes notables".
Structurel
Un autre danger guette également les pays exposés à l’Empire du Milieu, la santé de son économie étant loin d’être au beau fixe. Ariel Emirian, Chef Analyse macroéconomique de Société Générale, confie à WanSquare ne pas être optimiste concernant l’objectif du gouvernement d’atteindre les 5 % de croissance l’an prochain et évoque " un chiffre plutôt proche des 4,5 % et en deçà des 4 % tant pour 2026 que pour 2027 ". Interrogé sur les pays les plus à même de souffrir du marasme économique chinois, il s’attend à voir "les pays asiatiques être les premiers touchés étant donné qu’ils sont particulièrement intégrés dans la chaîne de valeur chinoise, ensuite il semble probable que les pays exportateurs de matières premières agricoles et de métaux soient pénalisés notamment en Amérique latine et enfin l’Europe qui reste toujours tributaire de la demande chinoise concernant les biens intermédiaires et finis ".
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