[WARNING] Undefined array key "auteurEdito"
  in /home/wansquare/protected/helpers/seo_fonctions.php (line 142)

Warning: Undefined array key "auteurEdito" in /home/wansquare/protected/helpers/seo_fonctions.php on line 142
Moody's pourrait repousser la date de son verdict sur l'I... | WanSquare
WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Macro-économie / Taux-dette souveraine

Macro-économie / Taux
Macro-économie / Taux-dette souveraine

Moody's pourrait repousser la date de son verdict sur l'Italie

L’agence de notation devait publier aujourd’hui une éventuelle modification de la note du pays. Mais avec la démission du Premier ministre, elle pourrait décider de remettre son verdict à juin. L’arrivée de Renzi au gouvernement est plutôt une bonne nouvelle pour le marché du crédit italien. 
Matteo Renzi
Matteo Renzi

Mauvaise coïncidence de calendrier : l’agence Moody’s avait prévu de publier aujourd’hui son avis sur l’Italie, conformément à son calendrier de notation, destiné à remplir les exigences de transparence de la nouvelle réglementation européenne. Or le Premier ministre italien Letta a été mis en minorité par les membres de son parti (le parti démocrate, PD) hier et devrait présenter sa démission devant le président aujourd’hui. Difficile, dans ces conditions d’instabilité politique, de rendre un verdict objectif et pertinent sur la situation du pays. Selon plusieurs analystes, Moody's pourrait du coup décider de reporter son avis sur le pays à juin, prochaine échéance prévue dans son calendrier. 

Malgré le départ du Premier ministre, les taux ont pour le moment peu réagi à l’annonce du départ de Letta : en milieu d’après-midi, les taux à dix ans se traitaient à 3,712% contre 3,68% en début de semaine. Il faut dire que la démission du Premier ministre n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, surtout s’il est remplacé par Matteo Renzi, le secrétaire du parti démocrate. Ce dynamique maire de Florence, qui est parvenu à réformer de façon très efficace la ville qu’il dirige depuis 2009 via des coupes budgétaires, bénéficie d’un fort soutien populaire et des bonnes grâces des marchés. S’il est effectivement nommé par le président de la République à la tête d’un nouveau gouvernement, il a notamment proposé de mettre en place un pacte de législature qui durerait jusque 2018. « Ce qui lui laisserait largement le temps de faire les réformes nécessaires au pays », explique Clemente de Lucia, analyste chez BNP Paribas. 

Le pays a pris un certain retard de ce point de vue par rapport au Portugal ou à l’Espagne, en raison du blocage politique du gouvernement. En cas de nomination de Matteo Renzi, quatre grands trains de réformes seront au programme : un changement de la loi électorale, dont le projet de loi devrait être proposé le 18 février prochain. Il devrait permettre de mettre fin à l’instabilité politique dans le pays, en donnant au parti arrivant en tête un surplus de siège de 18% de la totalité des représentants. Il obtiendrait ainsi la majorité absolue et cela éviterait la dispersion des partis à l’assemblée qui rendait la formation d’une majorité politique très compliquée, expliquent les analystes de RBS. Deuxième chantier, la réforme du Sénat. La chambre haute a pour le moment les mêmes pouvoirs législatifs que le Parlement et le gouvernement doit avoir la confiance des deux instances. Le but serait de donner plus de pouvoir à la chambre basse. Ces changements législatifs et politiques permettraient de mieux asseoir la légitimité des gouvernements, et ainsi de pratiquer des réformes plus efficaces. Ce qui rassurerait les marchés, qui ont mal réagi aux nombreux changements politiques italiens ces deux dernières années.

Troisième réforme, et sans doute la plus attendue par les marchés: la poursuite de l’assouplissement du marché du travail. Renzi entend ainsi baisser les charges des entreprises de 10% et instaurer des incitations fiscales à l’embauche pour les entreprises, afin de lutter contre la hausse du chômage. La simplification des contrats de travail, avec la mise en place d’un contrat unique, fait également partie des projets du maire de Florence. Enfin, le secrétaire du PD a promis une vaste réforme de la bureaucratie italienne afin de réduire encore les dépenses publiques. 

Le changement de premier ministre pourrait également permettre au pays d'influencer plus directement la politique européenne, lorsque l'Italie prendra la présidence tournante de l'UE en juillet.

« La nomination de Renzi est positive d’un point de vue du marché du crédit », concluent les analystes de RBS. Le spread contre l'Allemagne s'est d'ailleurs resserré depuis hier matin. « Nous conseillons de rester positionné à long terme sur les banques et les actions du pays ». Un conseil à suivre à condition d'une part que les marchés continuent de soutenir le pays et que Matteo Renzi, s'il est nommé, parvienne à former une majorité de droite et centre droit au Parlement, qui lui permette de faire passer ses réformes. S'il y parvient, l'Italie pourrait obtenir un bon point de la part de Moody's. D'autant que "le PIB du pays s'est stabilisé au troisième trimestre et est en légère hausse sur le quatrième trimestre", explique Paola Monperrus-Veron, analyste chez Crédit Agicole CIB. "L'agence pourrait donc retirer sa perspective négative". Mais il y a beaucoup de si pour qu'un tel changement survienne...

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article