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Une zone euro à deux vitesses | Indicateurs macros | WanSquare
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Une zone euro à deux vitesses

La publication du PIB de la zone euro pour le premier trimestre ce matin dévoile de gros écarts entre les Etats et complique un peu plus la tâche de la BCE en juin.
Parlement européen - Strasbourg
Parlement européen - Strasbourg

Le chiffre du PIB européen publié ce matin a fait resurgir une crainte, qui semblait avoir été oubliée depuis plusieurs mois et avait pourtant été mainte fois évoquée aux pires moments de la crise de la zone euro : celle d’une région à deux vitesses, avec des pays moteurs et des pays tellement à la traîne qu’il avait été suggéré à l’époque de les sortir de l’union monétaire. Certes, la zone euro est désormais sortie de récession depuis le quatrième trimestre 2013 (+0,1% au T2 2013, puis +0,2% au T3 et +0,2% au T4), et a affiché ce matin une croissance de 0,2%. Mais c’est deux fois moins que ce que les analystes espéraient.

Moins que la faiblesse du PIB pourtant, c’est l’écart de croissance entre les Etats qui est sans doute le plus inquiétant. Ainsi, alors que l’Allemagne et l’Espagne ont affiché un PIB en hausse de respectivement 0,8% et 0,4%, la France a publié un PIB nul tandis que celui de l’Italie reculait de -0,1% et de -0,7% et -1,4% pour le Portugal et les Pays-Bas. « La reprise est lente, inégale et dévoile un décalage de rythme entre pays », expliquent les analystes de la Société Générale. La crainte d'une scission de l'union monétaire avait quasiment disparu depuis l'intervention de Draghi en juillet 2012 et l'annonce de l'OMT. Pourtant cet après-midi, les marchés obligataires des périphériques se sont quelque peu tendus, sans doute en raison des mauvais chiffres de ce matin et alors que le parti de la majorité grec pourrait s'effondrer lors des européennes. Une rumeur a également circulé concernant une taxe rétroactive sur les plus-values réalisées par les détenteurs d'obligations hellènes. Autant d'éléments qui démontrent que la zone euro reste très fragile.

Sachant que les perspectives de croissance ne sont pas très enthousiasmantes : selon Peter Vanden Houte d’ING, les indices de confiance ont commencé à décliner en raison du risque de ralentissement chinois et de la crise ukrainienne. « Il y a peu de chance pour que le PIB soit plus fort au second trimestre qu’au premier », explique l’analyste.

Même son de cloche du côté de Natixis, qui estime que la consommation sera poussive compte tenu du taux de chômage élevé et de la très faible augmentation des salaires. Côté entreprises, la sous utilisation des capacités de production ainsi que les conditions de crédit défavorables ne plaident pas non plus en faveur du retour de l’investissement. Enfin, le soutien des exportations nettes demeurera modeste en raison de la faible reprise de l’économie internationale.

Malgré les écarts de croissance entre pays, l’Allemagne reste l’un des seuls à avoir réellement pris le chemin de la reprise et la BCE devrait donc agir en faveur de la majorité des autres Etats, dont la croissance reste poussive. L’ensemble des analystes s’accorde donc pour dire que les chiffres publiés aujourd’hui devraient inciter encore davantage la BCE à baisser l’ensemble de ses taux directeurs le mois prochain, voire lancer ou du moins annoncer clairement un programme de rachat de titres ABS.

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