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Indicateurs macros
Indicateurs macros / Politique économique
Le retournement, ce n'est pas maintenant !
Mauvais timing pour François Hollande. Alors que le président déclarait il y a quelques jours dans une interview au Journal du Dimanche que le retournement économique « arrivait », l’INSEE a publié ce matin un PIB nul pour le premier trimestre 2014. Après une croissance de 0,2% au dernier trimestre 2013, le PIB a donc stagné à 0% sur les trois premiers mois de l’année, alors que la majorité des analystes tablait sur 0,1%, voire 0,2%. La comparaison avec l’Allemagne, qui a elle dévoilé une croissance de 0,8%, soit presque l’équivalent de l’objectif de croissance que la France s’est fixée pour cette année, est d’autant plus douloureuse !
Certes, cette croissance nulle s’inscrit après un quatrième trimestre « dopé par les achats anticipés avant les changements divers de fiscalité », explique Hélène Baudchon, analyste chez BNP Paribas. La hausse de la TVA et la baisse des coûts de l’énergie ont effet tiré la consommation vers le bas. Mais la décomposition du PIB est cependant assez négative : ainsi, non seulement la consommation traditionnellement considérée comme l’un des principaux contributeurs de la croissance, a reculé de 0,5%, mais l’investissement total a lui aussi fortement marqué le pas (-0,9%). L’investissement productif des entreprises non financière a ainsi reculé de -0,5%, celui des ménages de -2,6% et celui des administrations publiques de -0,2%. Bref la demande intérieure a contribué négativement à l’évolution du PIB (-0,4%) et le solde extérieur n’a pas permis de compenser cette situation : les importations ont effectivement augmenté de 1% tandis que les exportations ont ralenti. Seul apport positif du PIB: la variation des stocks, qui ont augmenté de 0,6%.
Selon Jean-Christophe-Caffet, analyste chez Natixis, le plus inquiétant est sans doute le recul de l’investissement des entreprises non financières, qui montre que celles-ci vont privilégier le rétablissement de leurs marges et le désendettement avant de réinvestir, malgré les mesures prises par le gouvernement. Les analystes de la banque française estiment que la « reprise » de la France sera très lente et en retard sur les autres pays. Selon eux, elle ne devrait pas dépasser les 0,6% cette année (contre une prévision de 1% selon la Commission).
Le ministre des Finances Michel Sapin s’est pourtant empressé de réaffirmer qu’une croissance de 1% était un objectif tout à fait raisonnable pour cette année, après la publication de cette contre-performance. Et d’ajouter, comme pour justifier les propos malheureux du chef d’Etat : « ce sont les chiffres du premier trimestre : c’est le moment où le Président de la République a eu l’intuition qu’il fallait accélérer la croissance ». Selon Julien Manceaux d’ING, il faudra cependant un second semestre très dynamique pour atteindre une croissance de 1%, « alors même que cet objectif était apparu assez conservateur lorsqu’il avait été annoncé » ! Une chose est sûre, la faiblesse des chiffres publiés ce matin vient renforcer le sentiment que les prévisions pour 2015, 2016 et 2017 sont surévaluées, termine l’analyste.
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