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Indicateurs macros / Macro-économie
France: les indicateurs annoncent-ils un retournement de la conjoncture?
Depuis plusieurs mois déjà, la France figurait parmi les
rares pays d’Europe dont les indicateurs avancés étaient dans le rouge, tandis
que ses voisines du Sud entamaient doucement le chemin de la reprise. Les données publiées hier et
ce matin, en hausse, ont donc été accueillies avec soulagement, même s’il
convient de rester prudent.
D’une part l’indice PMI composite de l’activité globale a
atteint hier un plus haut depuis 31 mois, à 51,6 contre 47,9 en février. Sachant
que cette hausse concerne aussi bien la production manufacturière (52,8 plus
haut de 34 mois), que l’industrie (51,9 record de 33 mois) et les services (51,4).
D’autre part, l’indicateur du climat des affaires de l’INSEE publié ce matin témoigne d’une légère
amélioration et s’est affiché à 100 pour mars contre 95 le mois dernier. Face à
ces données, qui ne sont que le résultat d’enquêtes et ne témoignent donc pas
toujours de la situation réelle de l’industrie et de la conjoncture générale de
la France, que peut-on conclure?
Selon Jack Kennedy, senior economist chez Markit, l’amélioration
du PMI français montre que le secteur privé est en train « de reprendre le
chemin de la croissance ». Une embellie qui, selon les personnes
interrogées; résulte à la fois de l’amélioration de la conjoncture, tant sur les
marchés qu’à l’intérieur, « les entreprises continuant toutefois de
réduire leurs tarifs afin de stimuler les ventes ». Tout n’est pas gagné
cependant, d’après l’analyste qui estime qu’il faudrait une accélération de la
croissance dans les prochains mois pour permettre une reprise de l’emploi. De
ce point de vue, l’amélioration de l’indice PMI des services est une bonne
nouvelle puisqu’il représente la majorité des empois en France. Selon Julien
Manceaux, analyste chez ING, si le niveau actuel des indicateurs n’est pas suffisant
pour affirmer que de nouveaux postes seront créés, il est raisonnable d’espérer
que la reprise se confirme au second semestre et suscite de nouvelles
embauches.
Selon lui, l’enquête de l’INSEE publiée ce matin
comporte également un élément très positif pour la conjoncture future du pays :
les carnets d’ordre sont à leur plus haut niveau depuis 2011. Ce qui ne devrait
pas manquer d’entraîner une amélioration de la production industrielle
française dans les prochains mois. Mais tempère Hélène Baudchon de BNP Paribas, « l’ampleur du mieux doit être relativisée par l’effet rattrapage après plusieurs mois décevants voire mauvais pour ces indices », explique l’analyste. L’analyste estime donc de son côté qu’un contrecoup n’est pas improbable dans les mois qui viennent même si la remontée des indices est en soi une très bonne nouvelle.
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