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Schulz et Juncker s’écharpent sur le déficit français

Là où le candidat de centre-gauche se montre ouvert à des négociations avec l’Hexagone, le poulain du Parti populaire européen refuse à la France un nouveau « passe-droit ». 
Jean-Claude Juncker
Jean-Claude Juncker

La réponse à donner à la France, qui souhaite obtenir un troisième délai pour la réduction de ses déficits, divise. Ce sujet a en effet donné aux deux principaux candidats aux élections européennes, l’occasion de livrer leurs visions en matière de politiques économiques. « C’est une erreur politique sérieuse que Martin Schulz veuille, pour la troisième année consécutive, autoriser la France à dépasser la limite de 3% pour son déficit. Cela va à l’encontre du Pacte de Croissance et de Stabilité, que j’ai écrit en tant que président de l’Eurogroupe », a déclaré à Berlin ce samedi Jean-Claude Juncker, le poulain du Parti Populaire Européen (PPE). 

Michel Sapin, le nouveau ministre des Finances français, a en effet annoncé que l’Hexagone entendait discuter avec Bruxelles du « rythme » de diminution de sa dette publique. Alors même que la France a déjà obtenu un délai jusqu’à 2015 pour ramener son déficit à 3% du PIB. Mais en 2013 le pays n’a pu tenir ses objectifs, et pour ne rien arranger, la dette publique s’approche des 100%. D’autre part, l’Hexagone doit présenter d’ici au 15 avril son programme d’économies à Bruxelles, qualifié « d'autopsie » par Jean-Claude Juncker. 

Martin Schulz, candidat du centre-gauche, s’est lui montré ouvert à d’éventuelles négociations avec la France. « S’il est nécessaire, oui. Il faut tout d’abord négocier », a indiqué l’homme qui participera le 17 avril au lancement de la campagne du PS. Cette dernière devrait mettre l’accent sur la nécessité de « rompre avec les politiques d’austérité imposées par les conservateurs », selon les mots d’Harlem Désir, premier secrétaire du parti. « Mon sentiment est qu’à la Commission, les gens savent très bien que nous avons besoin d’une France forte », a précisé Martin Schulz.

Mais Jean-Claude Juncker n’imagine pas du tout ce chemin pour asseoir la solidité de la France. Le pays doit « suivre les règles du jeu comme tous les autres ». Il « ne peut pas encore une fois avoir un passe-droit », a-t-il expliqué. Le candidat PPE a profité de sa sortie pour donner son point de vue sur un autre grand débat européen : les eurobonds. « Les obligations européennes, ce n’est certainement pas pour les cinq prochaines années. Elles ne peuvent être envisagées que lorsque le budget et les politiques économiques convergent et quand l’UE peut contrôler les politiques fiscales nationales. »

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