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Saudi Aramco / IPO / Arabie saoudite / pétrole
Quel avenir pour Saudi Aramco en Bourse
Cela s’est fait dans la douleur, mais Saudi Aramco a finalement réussi son pari d’organiser la plus grosse IPO de tous les temps, certes de peu. Jeudi, le groupe pétrolier a annoncé fixer le prix de son introduction en Bourse à 32 riyals saoudiens (8,5 dollars) par action, soit une augmentation de capital de 25,6 milliards de dollars et une valorisation totale de 1.700 milliards de dollars. Une opération sursouscrite trois fois, qui se situe juste devant les 25 milliards levés par Alibaba lors de son entrée en Bourse à New York, en septembre 2014.
Certes, le Prince saoudien Mohammed Ben-Salman a échoué dans son pari de placer 5 % du capital de son fleuron national et a dû revoir sa valorisation initiale de 2.000 milliards de dollars à la baisse, faute d’intérêt de la part des investisseurs étrangers, sans compter le relèvement tardif du dividende. Mais après plusieurs volte-face sur cette IPO depuis quatre ans, il a sauvé la face de cette opération emblématique de son programme Vision 2030.
Cette opération était d’autant plus scrutée qu’outre son caractère historique, elle a eu lieu en pleines négociations de l’OPEP sur les quotas de production de pétrole. Or, les pays membres se sont accordés jeudi à réduire leur production d’environ 40 % l’an prochain, soit une baisse de 500.000 barils par jour d’ici à fin mars 2020. L’Arabie Saoudite a été particulièrement agressive sur les négociations, voulant absolument soutenir les cours du brut à quelques jours de son entrée effective à la Bourse de Riyad. Le pays produit déjà 400.000 barils par jour en dessous de son quota actuel, afin de contrer la baisse des prix liée à l’essor sans précédent de la production de pétrole de schiste aux États-Unis notamment, et à des perspectives de croissance mondiale atone.
Il reste que dès lors qu’elle sera cotée en Bourse, Saudi Aramco devra aussi adopter une stratégie d’entreprise privée, et veiller à la bonne tenue de son cours de Bourse. D’autant que le gouvernement saoudien compte bien mettre d’autres actions en vente lors de prochaines périodes de lock-up, pas avant six mois. Or comme le pointe Bloomberg, si les cours des groupes pétroliers comme Total augmentent lorsque le prix du baril est en hausse, la situation pourrait être différente pour Saudi Aramco. Car plus ce prix est élevé, plus les royalties que prélève le Royaume sont importants. En outre, le groupe a le plus faible coût d’extraction et de production de ses pairs, et pourrait facilement augmenter son rythme de production pour booster ses revenus et sa rentabilité. Contrairement à ce qu’il a affiché jeudi, le Royaume pourrait donc bientôt changer de politique sur ses quotas pour les bienfaits de son groupe coté, et donc de ses finances.
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