Deutsche Bank pourra-t-elle récupérer des bonus déjà attribués ?
Le sujet des gratifications est délicat chez Deutsche Bank, établissement dont les actionnaires ont été mis à la diète en 2015 et 2016. La grande banque allemande, qui est toujours empêtrée dans son litige à plusieurs milliards avec les Etats-Unis, envisage de demander à ses anciens membres du top management de rendre les bonus qui leur ont été versés. Une manière de les faire assumer une partie des mauvaises performances de la société. Selon le Süddeutsche Zeitung et Reuters, la firme aurait ainsi demandé à des spécialistes du droit s’il était possible, d’une part de ne pas verser les variables gelés auparavant et d’autre part, si elle pouvait récupérer les derniers versements.
En mai, Deutsche Bank avait déjà indiqué avoir pris des mesures concernant les bonus. « Le conseil de surveillance a pris la décision en 2015 de suspendre les tranches d’éléments de compensation différés automatiques ou/et sujets au versement en 2015 pour les membres du directoire Fitschen, Jain, Krause, Dr. Leithner, Lewis, Neske et Ritchotte, qui étaient encore actifs durant l’exercice, ainsi que quatre anciens membres », explique le rapport annuel. En tout, ce sont 5,3 millions d’euros en cash et 125.461 titres, pour Anshu Jain et 3,5 millions d’euros en cash et 96 618 titres pour Josef Ackermann, les deux anciens co-présidents du directoire, qui ont alors été visés.
A noter que lors de l’assemblée générale de cette année, les actionnaires ont rejeté à 52% le nouveau dispositif de rémunération des membres du directoire. En outre, l’an passé les membres du board n’ont pas touché leurs bonus, le directeur général, John Cryan estimant qu’ils devaient assumer les mauvaises performances de l’établissement.
Mais l’histoire montre que le processus que pourrait entreprendre Deutsche Bank s'avère compliqué. Ainsi, Commerzbank a perdu en 2013 son procès devant une cour d'appel britannique contre une centaine de banquiers et a ainsi dû leur verser 42 millions de livres (52 millions d'euros) de bonus. Dans cette affaire, d'anciens employés de Dresdner Kleinwort, banque rachetée durant la crise financière par Commerzbank, réclamaient les variables que leur direction leur avait promis en 2008, afin de limiter les départs en cette période de trouble. Autre exemple : Fred Goodwin, ancien patron de RBS qui a été accusé d’avoir joué un rôle dans la tempête connue par l’établissement, n’a accepté qu’à cause de la pression publique, de réduire sa retraite. En revanche, en septembre, Wells Fargo a annoncé que sont PDG, John Stumpf, allait renoncer à 41 millions de dollars de rémunération en stock-options en raison du scandale des comptes factices.Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

